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Une aînée autochtone interdite de pratiquer une cérémonie chez elle

Nellie Rider tient un bol utilisé pour la cérémonie de purification par la fumée. Elle a été informée la semaine dernière qu’elle ne pourrait plus faire ce rituel chez elle.

Nellie Rider tient un bol utilisé pour la cérémonie de purification par la fumée. Elle a été informée la semaine dernière qu’elle ne pourrait plus faire ce rituel chez elle.

Photo : Radio-Canada / CBC/Brad Bellegarde

Radio-Canada

Une aînée autochtone de Regina dit qu'elle ne peut plus faire ses cérémonies de purification par la fumée chez elle, après avoir reçu un avis de la nouvelle propriétaire de son duplex la semaine dernière.

Nellie Rider, une aînée de la Première Nation de Carry The Kettle dit avoir été choquée lorsqu’elle a reçu l’avis lui mentionnant qu’il était interdit de créer de la fumée, incluant celle qu’elle utilise pour ses cérémonies de purification.

Mme Rider dit qu’elle vit depuis près de deux ans dans le même duplex, mais qu’il s’agit de la première fois qu’elle reçoit ce type d’interdiction.

Dans la tradition autochtone, il est fréquent de se purifier en faisant brûler une matière obtenue à partir de plantes médicinales, comme la sauge et le cèdre.

« Quand nous prions, nous commençons en faisant brûler des herbes sacrées… et nos prières s’élèvent vers le Grand Esprit », explique un aîné de la Première Nation de Kawacatoose, Sidney Kay. Il ajoute que cette pratique est aussi utilisée pour soigner des maladies ou se débarrasser des mauvais esprits.

C’est une pratique très spirituelle.

Sidney Kay, aîné de la Première Nation de Kawacatoose
Sidney Kay, un aîné de la Première nation de Kawacatoose, dit que la cérémonie de purification par la fumée constitue une forme de prière autochtone.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sidney Kay, un aîné de la Première nation de Kawacatoose, dit que la cérémonie de purification par la fumée constitue une forme de prière autochtone.

Photo : Radio-Canada / CBC/Brad Bellegarde

« En tant que Nakoda/Dakota, nous devons faire brûler des herbes sacrées, car cela fait partie de nos sept lois de la vie », croit Mme Rider.

« Chaque jour, je travaille fort, je retourne à la maison et je dois me purifier en faisant brûler des herbes sacrées, dit-elle. Maintenant il semblerait que je ne peux plus vivre selon ces lois sacrées. »

Une liberté de religion

Lorsqu’elle a été questionnée sur le sujet, Sharon Williams, la nouvelle propriétaire de la résidence de Mme Rider, a dit que la fumée restait de la fumée, même lorsqu’il s’agissait d’une cérémonie de purification. Elle a spécifié qu’elle devait réviser le contrat de location avant de commenter davantage.

La Société de logement de la Saskatchewan a informé dans un courriel que lorsqu’une propriété est vendue, le nouveau propriétaire hérite des conventions de location existantes. Cependant, sans l’accès au contrat de location de Mme Rider, l’agence ignore si l’aînée a le droit de faire cette cérémonie.

L’avocat en droits de la personne basé à Saskatoon Larry Kowalchuk a toutefois dit que, peu importe le contrat de location, le Code de protection des droits de la personne de la Saskatchewan protège la liberté de religion, et que la Chartre des droits et libertés prime sur le reste.

« Je crois qu’il s’agit d’une violation de la liberté de religion d’une personne autochtone, dit M. Kowalchuk. Il s’agit d’une pratique religieuse. C’est fondamental. C’est un aspect important de la spiritualité autochtone. »

Mme Rider n’a déposé aucune plainte formelle. Elle affirme qu’elle serait prête à faire cette cérémonie avec la nouvelle propriétaire et de lui expliquer cette pratique.

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