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Violences sexuelles : un changement de culture est nécessaire sur les campus

Une passante tenant un parapluie marche devant l'édifice d'une université.
L'université Dalhousie, à Halifax. Photo: La Presse canadienne / Darren Pittman
Radio-Canada

En Nouvelle-Écosse, un comité présente une série de recommandations pour prévenir les violences à caractère sexuel sur les campus.

Le comité insiste sur la nécessité de changer la culture actuelle qui permet les violences sexuelles, et suggère une stratégie pour mieux équiper les universités.

Dans un rapport intitulé Changing the Culture of Acceptance (« Changer la culture d’acceptation »), ce comité suggère notamment d’établir pour la Nouvelle-Écosse une stratégie provinciale d’éducation des témoins.

Ce genre d’initiative vise à aider les personnes à mieux reconnaître et identifier les situations potentiellement risquées et à intervenir pour empêcher une agression de se produire.

Le comité estime nécessaire de mieux communiquer aux étudiants les initiatives concrètes prises par leur établissement d'enseignement ainsi que les ressources à leur disposition. Il insiste sur la nécessité de former adéquatement tant les employés de l’université que les étudiants sur les manières appropriées de répondre à la divulgation d’une situation présumée de violence sexuelle.

Consentement : une notion mal comprise

Afin de prévenir les violences sexuelles, les auteurs du rapport croient primordial d’éduquer tant les étudiants que le personnel universitaire sur la notion de consentement.

Ils reconnaissent qu’il existe beaucoup de confusion autour de cette idée.

Citant des études, le rapport explique que les étudiants considèrent le consentement comme un élément important des expériences sexuelles, mais tant les hommes que les femmes interrogées peinent à le définir.

Le comité signale que les expériences de violences sexuelles sont souvent perçues avec ambiguïté, particulièrement si l’agression est commise par une personne qui n’est pas étrangère à sa victime.

Le rapport définit ainsi le consentement :

  • si une personne est d’accord une fois pour avoir un rapport sexuel, cela ne signifie pas qu’elle a consenti à des relations sexuelles futures ;
  • une personne « intoxiquée » n’est pas en mesure de donner son consentement ;
  • ne pas prononcer le mot « non » ne sous-entend pas nécessairement un « oui » ;
  • une personne ne peut pas consentir si elle est victime de pressions lorsqu’elle est dans une situation où une autre personne à le pouvoir (dans une situation professionnelle, par exemple).

Un lien indéniable entre alcool et violences sexuelles

Le rapport relève aussi le lien entre la consommation d'alcool et les violences sexuelles, qui doit, selon les auteurs, être reconnu par les universités.

Les auteurs insistent pour dire que l’alcool ne cause pas les agressions, mais souligne que plus de la moitié - et jusqu’à 78 % - des incidents de violence sexuelle rapportés sur les campus impliquaient une consommation d’alcool de la part de l’agresseur, de la victime, ou des deux. Selon les auteurs, l’alcool est trop souvent utilisé comme une excuse pour justifier certains agissements, et la victime est généralement la personne blâmée dans des circonstances où l’alcool fait partie de l’équation.

Une orientation claire

La création du comité sur la prévention de la violence sexuelle sur les campus découle du Protocole d'entente entre la province de la Nouvelle-Écosse et les universités de la Nouvelle-Écosse de 2015-2019.

Des représentants des universités, d’organisation communautaires, du corps étudiant et du gouvernement ont siégé sur ce comité.

« Nous avons la responsabilité de changer la culture dans laquelle existe la violence sexuelle », indique Dianne Taylor-Gearing, coprésidente du comité et rectrice de l'université Nova Scotia College of Art and Design à Halifax.

« Les recommandations fournissent une orientation claire. Je suis encouragée par le fait que des mesures ont déjà été prises et que la Nouvelle-Écosse fait figure de chef de file. »

Nouvelle-Écosse

Éducation