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La GRC réexaminera 25 000 dossiers d’agressions sexuelles jugés sans fondement

Le reportage de Pascal Robidas

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) réexaminera près de 25 000 dossiers d'agressions sexuelles ouverts depuis 2015 et qui avaient été jugés sans fondement.

Cette décision survient après l’étude de 2225 dossiers datant de 2016 effectuée en réaction aux informations dévoilées par le quotidien The Globe and Mail en février dernier.

Le journal avait découvert qu’une plainte pour agression sexuelle sur cinq était classée par les services policiers comme « non fondée ».

« Nous n’avons pas encore tous les dossiers de 2017, mais nous nous attendons à recevoir environ 25 000 documents », a affirmé la sergente Wendy Smith.

L’équipe de révision, qui est passée de 4 à 17 membres, a trouvé dans les documents de 2016 des incohérences dans les informations contenues dans certains dossiers, ainsi que des problèmes liés aux méthodes d’enquêtes et à la supervision des dossiers.

L’équipe menée par Mme Smith a aussi découvert que les dossiers de certaines enquêtes n'avaient pas été suffisamment étoffés, ce qui a fait en sorte que la plainte avait été classée comme « non fondée ».

« Pendant l’enquête, nous nous sommes rendu compte que les déclarations n’étaient pas toujours notées », a dit par exemple la sergente Smith.

L’analyse des dossiers de 2016 a également montré une défaillance dans la formation des policiers.

« Les réviseurs ont noté que certains policiers présentaient comme malhonnêtes des incohérences dans les déclarations des victimes, ce qui montrait un manque de sensibilité face aux effets des traumatismes qu'elles ont subis et à leur habilité à raconter les événements », explique leur rapport.

En entrevue à Midi-Info sur les ondes d’ICI Première, la sergente Marie Damian a avoué qu’il y a eu « un gros manquement » et que la GRC va « réparer ces manquements par de la formation auprès de ses agents ».

Uniformiser les techniques policières

Les services de police d’un peu partout au pays ont aussi décidé de réviser de vieux cas d’agressions sexuelles jugés non fondés et se sont engagés à changer leurs méthodes dans le cadre de ces enquêtes depuis la nouvelle du Globe and Mail.

Au Québec, la Sûreté du Québec devrait entamer ce processus en 2018 tandis que le service de police de la Ville de Montréal l’a déjà commencé.

Pour Louise Langevin, professeure de droit à l'Université Laval et chercheuse au Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes, cette démarche démontre que les policiers ont des préjugés par rapport aux femmes et que cela est généralisé dans tous les corps policiers.

« Ces chiffres ne devraient pas nous surprendre. Les groupes de femmes le disent depuis des décennies que ce n’est pas normal qu’en matière de violences sexuelles, ce soit le crime le moins rapporté et celui avec le moins d’accusation. Le système de justice ne répond pas aux demandes des femmes », présente-t-elle.

Stunny Marriner, la directrice de l'Ottawa Rape Crisis Centre, espère cependant qu’une approche concertée et coordonnée entre les divers services de police émerge aussi de ces révisions.

« J’aimerais voir tous les corps policiers discuter ensemble pour mettre en œuvre de meilleures pratiques pour que les victimes puissent recevoir le même appui et le même traitement, peu importe d’où elles viennent », a-t-elle dit.

Mme Marriner propose que cela passe par les ministres fédéraux de la Justice et de la Sécurité publique.

Avec les informations de CBC

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