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Le Nouveau-Brunswick n’encourage pas la réduction de la pollution, selon Ottawa

Des cheminées
La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a des réserves au sujet du plan de lutte contre les émission de CO2 annoncées par le Nouveau-Brunswick. Photo: Reuters / Peter Andrews
Radio-Canada

Les mesures annoncées par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, jeudi, pour lutter contre les changements climatiques n'inciteront pas les résidents et entreprises de la province à réduire leur empreinte écologique, selon la ministre de l'Environnement et du Changement climatique du Canada, Catherine McKenna.

Le gouvernement de Brian Gallant a l’intention de verser une part des revenus de la taxe provinciale sur les carburants à un nouveau fonds qui financera des initiatives de lutte contre les changements climatiques. Le gouvernement a précisé qu’aucune nouvelle taxe ne sera créée.

La ministre McKenna, dans une publication sur Facebook, félicite le Nouveau-Brunswick pour son intention d’investir dans l’efficacité énergétique, mais elle laisse entendre que le plan provincial ne va pas assez loin.

« Cependant, le Nouveau-Brunswick propose de tirer des revenus des taxes sur les carburants existantes et de les investir dans des mesures de lutte contre les changements climatiques plutôt que de fixer un prix pour la pollution par le carbone pour l'ensemble de son économie. Cela ne créera pas d’incitatif à réduire la pollution », dit-elle.

La ministre de l'Environnement du Canada, Catherine McKenna  La ministre de l'Environnement du Canada, Catherine McKenna Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Une véritable taxe sur le carbone encouragerait davantage les Néo-Brunswickois à changer leurs habitudes, selon elle.

« Investir dans l'action climatique est génial, mais fixer un prix sur le carbone permet d’en faire beaucoup plus. En effet, ça change la façon dont les décisions économiques sont prises en instaurant un signal qui n'existait pas auparavant. Ce signal indique que la pollution est coûteuse et que l'innovation et la transition vers des pratiques plus vertes sont récompensées », affirme Mme McKenna.

Catherine McKenna ajoute que l'approche de chaque province en matière de tarification du carbone sera soumise à un examen par le fédéral, l’an prochain. Si l'approche d'une province ne répond pas aux normes fédérales, explique-t-elle, Ottawa y imposera les siennes.

Un effort minimal de la part de Fredericton, selon un expert

Le Nouveau-Brunswick, avec son plan, n’essaie de faire que le minimum pour répondre aux exigences du gouvernement fédéral, selon Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à l'École des hautes études commerciales, à Montréal.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC MontréalPierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal Photo : Radio-Canada

« Il y a un côté très malin dans le plan du gouvernement de M. Gallant qui est de répondre aux exigences sans rien faire. En fait, c’est exactement ça que le gouvernement du Nouveau-Brunswick propose : de ne rien faire », affirme M. Pineau.

« Le danger là-dedans, c’est qu’effectivement, ça ne crée aucun incitatif supplémentaire à réduire les émissions de gaz à effet de serre en réduisant la consommation de carburant, puisque les consommateurs ne vont voir aucun changement », ajoute-t-il.

Le premier ministre Brian Gallant défend son plan

Brian Gallant a dit qu'il était prêt à défendre l'approche de la province. « Nous nous sommes engagés à éliminer l'électricité au charbon d'ici 2030, et nous avons plus de taxes sur l'essence et le diesel que l'Alberta, qui est la province modèle souvent utilisée par le fédéral », a déclaré le premier ministre.

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