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La FIQ dénonce la « violence organisationnelle » au CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue

Le Centre hospitalier de Rouyn-Noranda
Le Centre hospitalier de Rouyn-Noranda Photo: Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault
Radio-Canada

Des travailleurs du Centre intégré de santé et de service sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue ont livré un lourd témoignage devant les membres du conseil d'administration hier, parlant de détresse et du CISSS comme « d'une organisation violente ».

Avec les informations de Marc-Olivier Thibault

Les intervenants qui ont pris la parole sont des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en Abitibi-Témiscamingue.

Dans l'assistance, certains ont pleuré lorsque leurs collègues ont dénoncé les conditions de travail et l'épuisement lié au temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Carole Gendron, infirmière et présidente de la FIQ en Abitibi-Témiscamingue, a accusé le CISSS-AT de faire de la « violence organisationnelle » et a demandé une rencontre avec les cadres.

Tu fais ton huit heures, tu as déjà de la broue dans le toupet parce que tu as une surcharge de travail et là, à 4 h, ils te disent : "on n'a pas personne, il faut que tu restes". "Je ne peux pas, j'ai mes enfants, si je reste... Non, j'ai trop mal au coeur, je n'ai pas pu dîner, je n'ai pas pris mes pauses". Les filles pleurent, les filles vomissent.

Carole Gendron, infirmière et présidente de la FIQ en Abitibi-Témiscamingue

Apporter les faits

Le directeur général du CISSS-AT Yves Desjardins s'est dit préoccupé par les témoignages entendus et a annoncé vouloir aller au fond des choses.

« Vous savez quand on parle de violence organisationnelle, moi ça me préoccupe. Comme dirigeant, c'est important pour moi.C'est pour ça qu'il faut avoir des faits, on peut bien lancer tous les termes au monde, mais si on n'a pas de faits concrets d'individu, c'est difficile pour moi d'intervenir pour améliorer la situation », précise-t-il.

Une mesure à supporter

Quant au temps supplémentaire obligatoire, M. Desjardins a reconnu se sentir « cheap » comme dirigeant d'y avoir recours et avoue qu'il faut revisiter les processus de dotations et faire des horaires qui fonctionnent bien.

Le PDG du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue rappelle que le TSO est une mesure qu'il faut parfois supporter.

« Vous savez, on engage des professionnels. Quand on est professionnel, dans la loi, on a des obligations qui viennent avec le professionnalisme. Je suis aux soins intensifs, je suis une infirmière, il n'y a pas personne, je ne peux pas partir comme ça. Ce n'est pas ce qu'elles font, elles ont un coeur et elles le font volontairement, mais malheureusement c'est une obligation qu'elles doivent le supporter. Nous on doit travailler à diminuer le temps TSO. »

Après la séance du conseil, le directeur général a proposé une rencontre aux membres de la FIQ.

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