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Votre cadeau de Noël peut-il vous espionner?

Une main allume l'assistant personnel intelligent Echo, un appareil fabriqué par Amazon
Déjà présents dans les tablettes et les téléphones cellulaires, les assistants virtuels qui effectuent des tâches ou des services pour leurs utilisateurs sont maintenant offerts sous forme de haut-parleurs. Photo: Associated Press / Elaine Thompson

Alors que les assistants personnels intelligents ont la cote en cette période d'achat de cadeaux du temps des Fêtes, des experts en protection des renseignements personnels souhaitent mettre en garde le public sur la possibilité d'atteinte à la vie privée.

Déjà présents dans les tablettes et les téléphones cellulaires, les assistants virtuels qui effectuent des tâches ou des services pour leurs utilisateurs sont maintenant offerts sous forme de haut-parleurs.

Or, le recours à ces appareils soulève une foule de questions sur le respect des renseignements personnels et de la vie privée.

Qu'il s'agisse de l’Echo d’Amazon, du HomePod d’Apple ou du Home de Google, ces appareils électroniques sont activés par commande vocale. L'utilisateur peut poser des questions et demander toutes sortes de choses, comme composer un numéro de téléphone, faire jouer de la musique ou même éteindre les lumières.

« Ces appareils enregistrent votre voix, qui est envoyée à des serveurs qui utilisent un système d'intelligence artificielle pour vous renvoyer une réponse pertinente », explique Daniel Blair, un chercheur en technologie primé et propriétaire d’une entreprise de réalité virtuelle à Winnipeg.

La technologie est efficace parce que la voix et les réponses de l’utilisateur sont envoyées et stockées dans des serveurs, permettant à l'appareil d’« apprendre » comment bien servir son client.

Daniel BlairSpécialiste technologique, Daniel Blair indique que les données recueillies par des appareils se servant de l'intelligence artificielle dans une résidence privée peuvent être acheminées vers des serveurs à travers le monde. Photo : Radio-Canada

Ce sont les stocks de données emmagasinées dans des serveurs à travers le monde qui rendent la technologie efficace, enchaine M. Blair, ajoutant que les stocks de données personnelles pourraient également être accessibles à de tierces parties.

« C’est cet élément d’inconnu qui inquiète », souligne l’ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario, Ann Cavoukian. « On ne sait pas comment on va utiliser nos informations privées ni avec qui elles seront divulguées. »

Ann CavoukianL'ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario, Ann Cavoukian, explique que le danger inhérent à l'utilisation d'un assistant personnel intelligent est qu'il est impossible de savoir comment ses informations privées seront utilisées. Photo : Radio-Canada

Mme Cavoukian croit que les Canadiens devraient réfléchir à deux fois avant d’installer un tel appareil chez eux.

« Je pense que c’est une très mauvaise idée », tranche la femme qui dirige actuellement le Privacy by Design Centre of Excellence, un centre d’excellence en recherche appliquée sur la protection intégrée de la vie privée, à l’Université Ryerson, à Toronto.

[Le partage de renseignements personnels] peut revenir vous hanter, et ça peut être dévastateur.

Ann Cavoukian, ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario

Une technologie à rôder

Apple, Google et Amazon assurent qu’elles tiennent à la protection des renseignements personnels de leurs clients et affirment qu’elles ne vendent aucune information à un tiers.

Mme Cavoukian préconise toutefois la prudence et souligne que l’histoire a prouvé que les nouvelles technologies sont plus susceptibles de déboucher sur des infractions de la vie privée.

« Il y a quelques années, la [Commission fédérale du commerce des États-Unis] a entrepris une étude de 12 applications de bien-être et de remise en forme pour périphériques mobiles, comme le Fitbit », indique l’ancienne commissaire à la protection de la vie privée.

[La Commission] a découvert que les renseignements recueillis ont été transmis à 76 tierces parties différentes, à l’insu des utilisateurs.

Ann Cavoukian, ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario

En 2013, la même organisation américaine a cité une étude de l’organisme californien sans but lucratif Privacy Rights Clearinghouse (PRC), qui a fait l’analyse de 43 applications de conditionnement physique gratuites et payantes. PRC a constaté que plusieurs des compagnies propriétaires des applications n’avaient pas de politique de confidentialité ni de protection de la vie privée.

En ce qui concerne les applications régies par une politique, environ 40 % d’entre elles partageaient des informations personnelles avec une tierce partie, sans l’avoir signalé au client.

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