•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des réfugiés syriens accueillis par des francophones s'enracinent au Manitoba

Abdoulkarim Rezieh, Nour Rezieh, Abdallah Rezieh, Mohamad Rezieh et Rana Abdulkadir

Arrivée au Manitoba en 2016, la famille Rezieh originaire de la Syrie est fière des nombreux progrès réalisés.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La famille Rezieh est arrivée à Winnipeg en 2016 grâce au parrainage d'un regroupement de citoyens de deux paroisses francophones, Saint-Joachim à La Broquerie et Saint-Émile à Winnipeg. Un an plus tard, comment se porte la famille? Est-elle parvenue s'intégrer au Manitoba?

Un texte de Wildinette Paul

« Je sens à présent que le Canada est mon pays et je n’irai nulle part ailleurs », affirme la cadette de la famille, Nour Rezieh, âgée de 11 ans.

Accompagnée de ses parents et de ses deux jeunes frères, elle a vécu trois ans dans un camp de réfugiés syriens au Liban avant d'être accueillie à Winnipeg. « Quand je suis arrivée ici, j’avais peur à cause de la langue, dit-elle, mais les gens m’ont aidée. »

Nour en est à sa dernière année au primaire. « Au début, je pleurais tout le temps parce que c'était difficile. Je me demandais qu’allait-il se passer? »

En un an, Nour et ses deux frères, Abdallah, 7 ans, et Abdoulkarim, 13 ans, ont appris l’anglais. Ils sont également parvenus à s’adapter au système scolaire canadien.

« L’année dernière, l'apprentissage de la langue et les mathématiques étaient difficiles. Cette année, je peux dire que je peux accomplir ce que les autres élèves canadiens font. »

— Une citation de  Abdoulkarim Rezieh, l'aîné de la famille

Abdoulkarim est fier de ses accomplissements. Pour lui, se lier d’amitié avec d'autres Canadiens a été facile.

« Tout le monde parle avec tout le monde ici. »

— Une citation de  Abdoulkarim Rezieh, l'aîné de la famille

Même son de cloche du côté du benjamin, Abdallah. « Lorsque mes amis me voient triste, ils viennent me voir et jouent avec moi. Nous jouons toujours ensemble », mentionne le dernier-né de la famille, qui assure le rôle d’interprète pour ses parents quand ils peinent avec l’anglais.

Abdallah Rezieh montre son dessinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdallah Rezieh, 9 ans, aime fréquenter l'école au Canada.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

L'intégration des parents

Rana Abdulkadir s'est inscrite à des cours d’anglais et prévoit apprendre le français par la suite.

« Je suis arrivée au Canada et je ne connaissais pas un mot d’anglais. Maintenant, je suis capable de parler la langue, pas parfaitement, mais ça va. »

— Une citation de  Rana Abdulkadir, la mère de la famille

« Au début, c’était difficile, raconte-t-elle en souriant. J’étais tellement gênée lorsque j’allais à l’épicerie. » Elle constate qu’il y a encore du travail pour améliorer sa capacité à s’exprimer dans la langue majoritaire de la province.

Son mari, Mohamad, apprend aussi l’anglais et a commencé à travailler. Lui qui craignait les froides températures et la neige est maintenant déneigeur. « La chose que je trouve difficile c’est de trouver un emploi à temps plein », dit-il.

Un sacrifice pour ses enfants

Si les parents tirent un bilan positif de leur intégration au Manitoba, reste que leur pays d’origine et leurs proches restés en Syrie leur manquent.

« Quatre ans sans famille, c’est très difficile. »

— Une citation de  Rana Abdulkadir

« Ce n’est pas bon pour moi, poursuit Mme Abdulkadir, en pleurs. Ma famille me manque et ça me rend triste. Partir de la Syrie, atterrir au Liban et maintenant au Canada, c’est dur. »

Malgré tout, Rana Abdulkadir continue sa quête d'intégration. « J’essaie de ne plus penser à la Syrie et je regarde le Canada, puisque c’est la bonne place pour mes enfants. »

Les enfants tentent aussi de laisser derrière eux la Syrie qu’ils ont fuie. « Je ne peux pas m’ennuyer de mon pays. Je m’ennuie plutôt de ma langue », confie Adoulkarim du haut de son jeune âge.

« Quand je pense à la Syrie, je n’ai pas de bons souvenirs. Je n’ai pas vécu longtemps là-bas. Ici, au Canada, c’est bien et je veux rester là. »

— Une citation de  Nour, cadette de la famille Rezhei

« Plusieurs personnes nous ont aidés à avancer et non reculer, conclut Nour et je les remercie. »

De l’aide en continu

Parrains de la famille, Alfred Fillion et Marcel Matte se réjouissent de constater les accomplissements des Rezieh.

« C’est fantastique. Ils ont beaucoup progresser et c’est la fin de la première étape pour eux », dit M. Matte.

Les enfants de la famille Rezieh et Marcel Matte Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marcel Matte aide les enfants de la famille Rezieh dans leur devoirs.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Ils les a accompagnés presque tous les jours depuis les derniers mois, pour différents rendez-vous et pour apporter une aide aux devoirs aux enfants. « C’est sûr qu’il y a toujours des défis à l’intégration, par exemple trouver un emploi », ajoute-t-il.

M. Fillion et M. Matte qui sont désormais membres de la famille disent qu’ils vont continuer à soutenir les Rezieh. « Je vais m’assurer de la partie administrative et que la famille devienne indépendante financièrement », confie M. Fillion.

« Je ne sais pas si je vais pouvoir faire tout ce que j’ai fait l’année dernière, mais je vais maintenir le contact et le lien », mentionne pour sa part M. Matte.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !