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Éducation à la sexualité : « Il faut qu’il y ait un engagement du milieu scolaire », dit Sébastien Proulx

Voici le reportage de Tamara Alteresco

Le ministre responsable de l'Éducation, Sébastien Proulx, confirme que les élèves québécois suivront dès septembre un cours obligatoire d'éducation à la sexualité et s'attend à ce que le milieu scolaire adhère au programme.

Le projet pilote mis en place dans près de 200 écoles en septembre sera étendu à tout le Québec dès la prochaine rentrée. Les écoles devront dispenser 5 h à 15 h de cours par année aux élèves du primaire et du secondaire, respectivement.

« On met à la disposition des enseignants et des écoles la formation nécessaire au sein du ministère et on donne aussi la capacité d’embaucher des professionnels pour pouvoir faire ce travail-là », a expliqué le ministre jeudi.

Les cours offerts aux élèves aborderont des thèmes variés comme les émotions, le respect, le consentement ou la prévention, selon l’évolution normale des enfants « pour s’assurer qu’on ne parle pas de puberté au moment où elle est déjà passée ».

Il appartiendra aux écoles de déterminer le moment et la manière pour offrir ces cours, affirme le ministre.

Je respecte l’autonomie des écoles, je fais confiance aux gens, mais ça demande leur engagement.

Le ministre Sébastien Proulx

« Il faut qu’il y ait un engagement du milieu scolaire et c’est l’appel que je fais. J’entends la réticence de ceux qui peuvent être appelés à le donner. Ce que je dis, c’est que les apprentissages peuvent être offerts par eux, il y a de la formation, mais les écoles peuvent aussi faire appel à des infirmières, sexologues, des travailleurs sociaux », ajoute le ministre.

Le ministre reconnaît que l’adhésion au programme représente un défi. Il estime toutefois que le projet fait consensus dans la société.

Exemptions?

Le ministre se dit convaincu aussi que les parents accueilleront favorablement le programme destiné à tous les enfants.

ll n’exclut pas cependant que des enfants puissent en être exemptés, pour certains motifs.

« Il existe des cas où l’intérêt de l’enfant est en jeu, et je ne suis pas dans les motifs religieux, je pense à des enfants qui, par exemple, pourraient se retrouver dans un contexte très particulier par exemple, victimes eux-mêmes d’agression sexuelle. »

Le ministre souligne qu’il faudra faire en sorte que les exemptions soient le plus restreintes possible.

« Improvisation »

De son côté, le Syndicat de l'enseignement de la région de Québec (CSQ) s'étonne de l'empressement du gouvernement Couillard à rendre obligatoires les cours d'éducation sexuelle dès l’an prochain.

Le président du syndicat, Denis Simard, trouve que le gouvernement agit dans la précipitation et l'improvisation. Il déplore que les enseignants n’aient pas été consultés.

C’est toujours l’école à la pièce. C’est là-dessus qu’on en a. Sur le fond, donner des cours d’éducation sexuelle, je pense que c’est important, mais c’est fait un peu à la va-vite.

Denis Simard, président du Syndicat de l'enseignement de la région de Québec

Grille saturée

M. Simard ne voit pas d’un bon œil l’intention du gouvernement de permettre aux écoles d’intégrer les cours d’éducation sexuelle dans différentes matières.

« Ce n’est pas un cours comme on donne un cours de français, un cours de mathématiques. Quand on avait le cours de formation personnelle et sociale, c’était intégré dans un cours, il y avait des périodes pour cela », rappelle le président du syndicat.

Il ajoute que la grille-matières du régime pédagogique est déjà suffisamment remplie. « Depuis trois, quatre ans, ils ont ajouté des cours de toutes sortes, des cours qu’ils avaient enlevés […] Un moment donné, ça ne fonctionne pas. Ça ne rentre plus dans la grille-matières. »

Québec allouera un budget de 3 millions pour la formation des enseignants, peut-être davantage si nécessaire, a précisé le ministre Proulx.

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