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La taxe sur l'essence financera la lutte au changement climatique, confirme Fredericton

Une cheminée industrielle dégage un énorme panache de fumée
La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère a atteint un niveau record en 2016. Photo: getty images/istockphoto / sharply_done
Radio-Canada

Le gouvernement de Brian Gallant dépose un projet de loi pour répondre aux exigences du fédéral en matière de tarification du carbone.

Aucune nouvelle taxe ne serait imposée aux consommateurs, explique le gouvernement qui compte plutôt consacrer une part des revenus de la taxe existante sur l’essence et le diesel à des programmes de lutte contre les changements climatiques.

Fredericton espère ainsi verser 37 millions de dollars provenant de ces taxes dès 2018 à un nouveau fonds pour les changements climatiques qui sera créé par la nouvelle loi. Le gouvernement entend prélever pour cela 2,33 ¢ de la taxe sur chaque litre d'essence et 2,76 ¢ de la taxe sur le litre de diesel.

Le prélèvement est basé sur un pourcentage qui va progressivement augmenter à 75 % des revenus de ces taxes d'ici 2022. Il est donc question d'un prélèvement de 11,6 ¢ en 2022-23 pour un total estimé de 180 millions de dollars. La croissance du prélèvement est prévue pour répondre aux exigence du fédéral pour que la tarification du carbone dans les provinces monte progressivement de 10 $ à 50$ la tonne durant cette période.

En vertu du projet de loi, le provincial sera responsable de ce régime de tarification, et le fédéral se chargera des normes imposées aux grands émetteurs de gaz à effet de serre.

Les grands émetteurs sont des entreprises qui, en 2018, produiront plus de 50 000 tonnes de gaz à effet de serre par année. Il y en a une dizaine dans la province, indique Fredericton.

Augmenter les coûts des carburants fossiles est une mesure qui inciterait à moins en consommer, selon des économistes qui appuient cette option. D’autres provinces ont agi ainsi. Mais en déroutant des revenus des taxes existantes, la loi ne changera pas le prix des carburants.

Ajouter une taxe de 2,33 ¢ aux taxes existantes ne suffirait pas à réduire la consommation de carburant au Nouveau-Brunswick, selon le gouvernement, notamment parce qu’il y a peu de solutions de rechange dans la province en matière de transport.

Les doutes des écologistes

Le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick estime que la loi améliorera la transparence. L'organisme se réjouit aussi du fait que des cibles sont d’inscrites dans le projet de loi. Cependant, changer le but de la taxe sur les carburants n’est pas une mesure à la hauteur du défi du changement climatique, selon Lois Corbett, directrice générale du Conseil de conservation. Cela ne suffira pas à encourager les Néo-Brunswickois à réduire leur empreinte écologique, dit-elle.

Mme Corbett recommande au gouvernement d'offrir plutôt des mesures incitatives pour amener les gens et les entreprises à produire moins de gaz à effet de serre, par exemple en cessant d'utiliser des véhicules polluants, en améliorant l'isolation des bâtiments, en utilisant des combustibles moins polluants.

Le chef du Parti vert, le député David Coon, ne croit pas que le gouvernement se limitera à dérouter une part des revenus de la taxe sur l’essence. Il dit s’attendre à ce que les libéraux modifient la loi pour augmenter la taxe s’ils remportent les prochaines élections.

Dérouter des revenus des taxes existantes n'est qu'un simple tour de passe-passe, juge la chef du Nouveau Parti démocratique, Jennifer McKenzie. Elle recommande plutôt l’imposition d’une véritable taxe sur le carbone qui comprendrait un taux réduit pour les ménage à faibles revenus.

Avec des informations de Michel Corriveau et de Jacques Poitras, CBC

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Changements climatiques