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Une meilleure protection du béluga dans le Saint-Laurent

Scène croquée grâce au drone du GREMM. Deux mâles matures semblent répéter, sur un plus jeune mâle, la chorégraphie qui leur permet de procréer avec les femelles, au printemps. Au cours de leur vie, les bélugas mâles développent une relation forte et durable avec un « meilleur ami », ou un groupe restreint de fidèles alliés. Les jeux sexuels sont au cœur de ces relations.

Des bélugas dans le fleuve Saint-Laurent, photographiés par drone par le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins

Photo : Radio-Canada / Pêches et Océans Canada

Radio-Canada

Les habitats naturels du béluga et de la baleine noire de l'Atlantique Nord sont maintenant protégés. En vertu de la Loi sur les espèces en péril, le gouvernement du Canada force la protection des habitats naturels de ces deux espèces.

Un texte de Léa Beauchesne

Ces deux mammifères marins sont classés « en voie de disparition », ce qui représente le niveau le plus inquiétant dans la classification des espèces en péril. D'ailleurs, l'été 2017 a été marqué par un grand nombre de décès, tant pour le béluga que pour la baleine noire.

Le biologiste et directeur de la Société pour la nature et les parcs (SNAP), Alain Branchaud, accueille avec un immense soulagement l’entrée en vigueur de ces décrets.

En termes de niveau de protection, on ne peut pas espérer mieux pour les habitats qui sont vraiment importants pour ces espèces-là.

Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la Société pour la nature et les parcs Québec

« Les interdictions prévues à la Loi sur les espèces en péril, et qui visent l’habitat essentiel, sont extrêmement sévères. »

Pour le béluga, la zone de protection s'étend des Battures au Loup marin près de Baie-Saint-Paul jusqu'au large de Saint-Simon au Bas-Saint-Laurent.

« La partie importante de la pouponnière du béluga dans le secteur de Cacouna est incluse dans la désignation de l’habitat essentiel. »

Celui de la baleine noire se trouve quant à lui dans la baie de Fundy ainsi qu’au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Une baleine noireAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au moins 16 baleines sont mortes l’été dernier dans les eaux canadiennes et américaines

Photo : CCS image, NOAA

Qu’est-ce que ça change?

Auparavant, seuls les animaux étaient protégés en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Leur habitat essentiel ne jouissait d’aucune protection particulière alors qu’il est crucial à la survie des espèces.

Le biologiste explique qu’il sera désormais interdit de détruire quelconque élément biophysique dans les zones prescrites. « C’est une mesure qui est vraiment importante. »

Même s’il salue l’adoption de ces mesures, Alain Branchaud estime qu’il était grand temps qu’elle entre en vigueur.

Ça fait plus de cinq ans que ces mesures-là auraient dû être activées si on suit les délais prescrits par la Loi sur les espèces en péril.

Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la Société pour la nature et les parcs Québec
La carcasse de béluga retrouvée à Sainte-FlavieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une carcasse de béluga retrouvée à Sainte-Flavie en 2016, près de Rimouski

Photo :  Réjean Côté

Impact sur les projets industriels

Cette nouvelle réalité amènera une période d’adaptation puisque tous les projets industriels devront la respecter. « Les gens qui ne voudraient pas se conformer aux obligations légales pourraient se voir infliger des amendes très sévères. »

Selon le biologiste, la Stratégie maritime du gouvernement québécois devra entre autres s’adapter à ce nouveau cadre législatif.

L’organisation souligne l’importance des projets d’aires protégées au Québec, des zones dans lesquelles davantage d’activités industrielles seraient permises.

Bas-Saint-Laurent

Faune marine