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Rétrospective : ces nouvelles économiques qui ont marqué 2017

Radio-Canada

Même si les indicateurs économiques étaient au vert cette année au pays, les négociations ardues sur l'ALENA et les turbulences traversées par Bombardier ont fait couler beaucoup d'encre. Retour sur 15 histoires qui ont marqué l'économie en 2017.


1. 23 JANVIER – UN PARTENARIAT TRANSPACIFIQUE SANS LES ÉTATS-UNIS

Le président Donald Trump montre le décret présidentiel qui ordonne le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique.Le président Donald Trump montre le décret présidentiel qui ordonne le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique. Photo : Associated Press / Evan Vucci

Le président Trump signe en janvier le retrait de son pays du colossal accord commercial qui vise à établir une grande zone de libre-échange dans la région Asie-Pacifique. Les efforts de relance du traité entrepris par certains des 11 pays restants, dont le Canada, aboutissent à une entente en novembre sur des éléments-clés d’un accord remanié. Ottawa veut en profiter pour modifier plusieurs chapitres de l'accord initial, surtout en ce qui concerne la propriété intellectuelle, l'exception culturelle et le système canadien de gestion de l'offre.

Parallèlement, le Canada cherche à conclure un accord de libre-échange avec le géant chinois, sans véritable succès.


2. 7 FÉVRIER – BOMBARDIER LANCE UN SOS ET PEINE À GARDER SA C SERIES

Un avion C Series sur le tarmacUn avion C Series de Bombardier Photo : Reuters / Christinne Muschi

Après un investissement de 1 milliard de dollars américains confirmé par Québec l’an dernier, Bombardier reçoit en février une contribution remboursable de 372,5 millions du gouvernement fédéral afin de l'aider dans ses activités de recherche et développement des programmes C Series et Global 7000.

En mars, on apprend que les salaires des membres de la haute direction de Bombardier ont bondi d'environ 50 % en 2016, une année marquée par le licenciement de milliers d'employés dans le cadre du plan de redressement de l'entreprise. Ces hausses soulèvent la colère des médias et provoquent un malaise au gouvernement provincial. L’entreprise reportera finalement d’un an une partie de la rémunération de ses dirigeants.

En septembre et en octobre, le gouvernement américain annonce l’imposition de droits compensatoires et de droits antidumping totalisant 300 % sur la C Series, accusant Bombardier de jouir de subventions et de vendre ses appareils à perte au transporteur Delta, et ce, au détriment du constructeur américain Boeing.

Le programme de la C Series étant en péril, l’entreprise québécoise trouve en l’avionneur européen Airbus sa planche de salut, et lui cède le contrôle du programme. Bombardier confirme que son siège social et la ligne d’assemblage resteront au Québec. Airbus produira également des C Series en Alabama, pour le marché américain. Mais Boeing n’abandonne pas son litige avec Bombardier.


3. 29 MARS – BREXIT : NÉGOCIER LE DIVORCE EN DOUCEUR

Poignée de main entre la première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker  à Bruxelles vendredi dernier. La première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker Photo : Reuters / Yves Herman

Le Royaume-Uni et l’Union européenne entament en mars les négociations entourant les termes de leur rupture, huit mois après le choix des électeurs britanniques de tourner le dos aux 27.

Vulnérable au sein de son gouvernement, la première ministre britannique, Theresa May, a voulu se montrer ferme devant ses vis-à-vis européens dans ces négociations. Début décembre, Mme May réussit à décrocher à l'arraché un accord sur les modalités du divorce, qui permet le passage à la deuxième phase des négociations du Brexit. Mais les Britanniques devront verser entre 60 et 68 milliards de dollars à l'Union européenne en guise de partage des dettes et des actifs dans la foulée du Brexit.

Parallèlement, Justin Trudeau s'entend avec Mme May pour conclure un accord commercial bilatéral lorsque le Royaume-Uni sera officiellement sorti de l'Union européenne.


4. 20 AVRIL – CRAINTES D'UNE BULLE IMMOBILIÈRE

Le haut nombre d'opérations d'achat-revendre témoigne de la bulle qui menace le marché immobilier dans la grande région de Toronto.Une pancarte affiche « vendu » devant une propriété de l'ouest de Toronto. Photo : La Presse canadienne / Graeme Roy

En avril, l’Ontario imite la Colombie-Britannique et impose une taxe de 15 % aux acheteurs étrangers dans le secteur immobilier, dans le but de stabiliser le marché. Les prix des maisons à Vancouver et à Toronto atteignent des sommets inédits et les ménages continuent à s’endetter, malgré le resserrement des règles hypothécaires ces dernières années. De plus en plus d’experts tirent la sonnette d’alarme, compte tenu de la surévaluation et de la surchauffe constatées dans les grands centres.


5. 30 MAI – VERS LE SALAIRE MINIMUM À 15 $

Manifestation pour un salaire minimum à 15 $ à Montréal, le 15 octobre 2016.Manifestation pour un salaire minimum à 15 $ à Montréal, le 15 octobre dernier. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En Ontario, le gouvernement de Kathleen Wynne décide de hausser le salaire minimum à 15 $ dès janvier 2019. Ailleurs au pays, le gouvernement néo-démocrate de l'Alberta a déjà annoncé que le salaire minimum atteindrait 15 $ en octobre 2018 dans cette province. La Colombie-Britannique s’est aussi engagée en ce sens, mais sans calendrier précis.

Au Québec, le débat est lancé. Un regroupement des grandes centrales syndicales demande au gouvernement provincial de ne pas faire « bande à part ». Des économistes craignent quant à eux des effets pervers d’un salaire minimum à 15 $.

Début décembre, le gouvernement Couillard s’engage dans la voie d’un revenu minimum garanti pour les personnes qui ont des contraintes à l’emploi sévères. La mesure est saluée par certains et critiquée par d’autres, notamment des organismes de lutte contre la pauvreté qui la jugent peu ambitieuse.


6. 22 JUIN – SEARS FAIT FAILLITE

Des affiches annoncent des rabais de fermeture à l'entrée du magasin Sears.Vente de liquidation dans un magasin Sears Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

En juin, Sears Canada se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, annonçant du même coup la fermeture de dizaines de magasins au pays. L’entreprise reçoit à l’automne l’autorisation de tout liquider dans ses 130 magasins restants. Des experts estiment que le détaillant n’a pas su s’adapter aux nouvelles réalités, notamment le commerce en ligne.

À l'échelle nationale, Sears Canada compte 12 000 employés, qui perdront tous leur emploi à terme. Ils ne recevront aucune indemnité de départ. Bon nombre d’employés et d’ex-employés à la retraite craignent pour leur fonds de pension et critiquent la gestion de l’entreprise.


7. 18 JUILLET – LA RÉFORME FISCALE S'ATTIRE LES CRITIQUES

Le ministre Bill Morneau Le ministre Bill Morneau Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

À la mi-juillet, le gouvernement Trudeau dévoile les grandes lignes de sa réforme fiscale. Le ministre des Finances, Bill Morneau, entend mettre fin à des stratégies fiscales qui avantagent certains riches entrepreneurs ou travailleurs autonomes.

On assiste à une levée de boucliers : de petits commerçants, des médecins ou encore des agriculteurs se sentent injustement ciblés. L’opposition à Ottawa s’empare du dossier et tire à boulets rouges sur le gouvernement, l’accusant de vouloir taxer toujours plus les contribuables.

Le ministre Morneau se montre ouvert à certains ajustements pour être certain de bien cibler les riches, mais demeure ferme sur les principes : deux personnes qui gagnent la même somme devraient être soumises au même traitement fiscal.

Parallèlement, le gouvernement annonce qu’il baissera le taux d’imposition des PME, réalisant ainsi une promesse électorale de 2015.


8. EMBELLIE ÉCONOMIQUE ET PÉNURIE DE MAIN-D'OEUVRE

L'entreprise Milmonde en BeauceLes défis dans le secteur de la main-d'oeuvre sont nombreux au Québec. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les indicateurs économiques au Canada et au Québec sont au vert en 2017. La croissance s’accélère, la consommation des ménages également, et le chômage recule – le tout alimenté en bonne partie par une économie américaine qui tourne à plein régime. Certaines régions s’approchent du « plein emploi ». Nombre d’entreprises font face à une pénurie de main-d’œuvre, dans le secteur manufacturier ou des services notamment. On tente de recruter des travailleurs âgés d’expérience ou encore on mise sur l’immigration pour pallier les besoins criants. L’embellie pourrait toutefois s’essouffler en 2018, prévoient des experts.


9. 16 AOÛT – L’ALENA SURVIVRA, SURVIVRA PAS?

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia FreelandLa ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland Photo : Reuters / Aaron Bernstein

Conformément à sa promesse électorale, Donald Trump force la main aux partenaires économiques que sont le Canada et le Mexique avec une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), nécessaire, selon lui, pour mettre fin au déficit commercial américain. Le président est même prêt à abandonner cet accord.

Le Canada quant à lui veut protéger coûte que coûte son système de gestion de l’offre et le secteur automobile, mais mise sur le nouvel accord pour mettre fin aux droits compensateurs sur le bois d’œuvre. Après plusieurs séances de négociations, peu de progrès ont été réalisés, les États-Unis menaçant toujours de déchirer l’accord. Les discussions reprendront en janvier 2018 à Montréal.


10. 15 SEPTEMBRE – L'INTELLIGENCE ARTICIFIELLE A LE VENT EN POUPE

Deux personnes devant une affiche d'Element AIElement AI, l’étoile montante dans le domaine de l’intelligence artificielle sur la scène internationale Photo : Radio-Canada

Après Google et Microsoft, Facebook, Samsung et Thales sont les derniers géants du numérique à investir à Montréal pour développer l’intelligence artificielle.

Pendant ce temps, des experts prévoient une rapide évolution du monde du travail, où plusieurs secteurs risquent d’être bouleversés par l'automatisation et par des systèmes basés sur l’apprentissage profond, ce qui risque d’avoir une incidence importante sur l’emploi, sur nos modes de vie et sur nos habitudes de consommation.


11. 28 SEPTEMBRE – L'ENTENTE D'OTTAWA AVEC NETFLIX CRÉE DES REMOUS

L'écran d'une tablette, tenue par un homme dont on aperçoit les pieds en arrière plan, affiche le logo de Netflix.Le gouvernement canadien renonce à taxer Netflix. Photo : AFP / Elise Amendola

Le gouvernement fédéral conclut un accord avec le service de télévision en flux Netflix. L’entreprise doit allouer au moins 500 millions de dollars sur cinq ans à des projets provenant de producteurs canadiens. En échange, elle évite de se faire imposer des taxes.

Les industries culturelle et médiatique ainsi que le gouvernement du Québec montent au créneau, craignant pour les productions canadiennes et la place du contenu francophone. Des experts dénoncent ce qu’ils considèrent comme une injustice fiscale entre entreprises oeuvrant dans le même domaine. Le gouvernement Trudeau justifie sa décision par la nécessité de « ne pas augmenter le fardeau fiscal de la classe moyenne ». En réaction, Québec se dit prêt à taxer Netflix et d’autres fournisseurs étrangers dans le commerce électronique.


12. 2 OCTOBRE – METRO S'OFFRE JEAN COUTU

Jean Coutu, Éric La Flèche et Francois Coutu se tiennent par la main.Jean Coutu, Éric La Flèche, président de Metro, et François Coutu, réunis lors de l'annonce de l'achat de Jean Coutu par Metro. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le géant québécois de l'alimentation Metro fait l’acquisition des 420 pharmacies du Groupe Jean Coutu pour 4,5 milliards de dollars. La nouvelle entité commerciale générera un chiffre d'affaires estimé à plus de 16 milliards de dollars. La marque et l'enseigne Jean Coutu continueront d’exister une fois la transaction effectuée, au début de 2018.


13. 5 OCTOBRE – ÉNERGIE EST ABANDONNÉ, KEYSTONE XL REDESSINÉ

L'oléoduc Énergie Est en construction.L'oléoduc Énergie Est, qui devait traverser le Canada, a rencontré plusieurs embûches en cours de route. Photo : Radio-Canada

La pétrolière albertaine TransCanada annonce qu'elle abandonne son controversé projet d'oléoduc Énergie Est, qui mobilisait contre lui les environnementalistes, les Autochtones et une partie de la classe politique québécoise depuis plusieurs années. L’entreprise cite comme raison les changements apportés au processus d'évaluation environnementale de l'Office national de l'énergie.

Le projet Keystone XL obtient quant à lui le feu vert aux États-Unis, après un changement de tracé proposé par TransCanada. Il vise à transporter 830 000 barils de pétrole par jour de l'Alberta vers différents marchés américains.


14. 21 NOVEMBRE – QUÉBEC NAGE DANS LES SURPLUS ET DISTRIBUE DES CHÈQUES

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, présente un graphique sur l'évolution des dépenses en Santé et Services sociaux lors de sa mise à jour économique du 21 novembre 2017.Le ministre des Finances, Carlos Leitao Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Avec l’embellie économique des derniers mois, le gouvernement Couillard a dégagé des surplus et annonce, à quelques mois des élections, qu’il réduit les impôts des contribuables. Un travailleur de la classe moyenne recevra au moins 278 $ en baisse d'impôt dès cette année.

Estimant que le gouvernement Couillard offre des « cadeaux » électoraux avec l'argent qu'il a enlevé en santé et en éducation, l’opposition a accusé les libéraux d'avoir instrumentalisé la « misère humaine » à des fins électorales, une accusation rejetée par les libéraux.


15. 10 DÉCEMBRE – UNE ANNÉE FASTE POUR LE BITCOIN

Une pièce de monnaie représentant un bitcoinUne pièce de monnaie représentant un bitcoin entourée de circuits informatiques Photo : Reuters / Dado Ruvic

La valeur de la cryptomonnaie lancée en 2009 a atteint des sommets à la fin de 2017, à plus de 15 000 $US – une augmentation de plus de 1000 % en un an. L’entrée en bourse le 10 décembre de la mère des monnaies virtuelles, dont les milieux financiers traditionnels se méfient en raison de l'absence d'encadrement réglementaire et du manque de transparence, constitue une nouvelle étape vers la reconnaissance populaire.

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