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Les leçons de la diffusion du reportage sur Gilbert Sicotte

Michel Cormier
Michel Cormier Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

À la suite de la publication du rapport de l'ombudsman mercredi matin, la direction générale de l'information désire faire le point sur la diffusion du reportage sur les allégations d'abus psychologiques à l'endroit du professeur de théâtre Gilbert Sicotte.

Le Mot de l'Info de Michel Cormier

Notre reportage a déclenché une vague de réactions d’une rare ampleur.

Même si nous jugeons que le reportage est d’intérêt public et intègre sur le plan journalistique, ce que confirme la révision de l’ombudsman de Radio-Canada Guy Gendron, nous prenons acte du fait qu’il a provoqué une vive indignation chez les membres du public qui nous ont soumis des plaintes.

La diffusion de notre reportage est survenue dans la foulée d’une série de dénonciations pour agression et harcèlement sexuel qui a bouleversé la société, ici comme ailleurs.

Certaines personnes nous ont dit que les révélations au sujet de M. Sicotte, dans ce contexte, représentaient un cas de trop, comme s’il y avait un effet de saturation dans l’opinion publique.

Retenir une information d’intérêt public est cependant aussi lourd de conséquences que la diffuser.

La raison pour laquelle les plaignants à l’endroit de M. Sicotte se sont manifestés, c’est justement parce qu’ils et elles ont senti que le moment était opportun, qu’il y avait une écoute pour les gens qui se sentent victimes d’agressions de toutes sortes.

Nous avons conclu, à la suite de la corroboration des informations que nous avons recueillies, qu’il était important de diffuser le reportage, surtout que le Conservatoire d’art dramatique est une institution publique.

L’ombudsman conclut, dans sa révision, que notre reportage respecte entièrement les normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Guy Gendron souligne le grand professionnalisme de notre journaliste Louis-Philippe Ouimet et de l’équipe éditoriale qui a encadré son travail. Nous convenons cependant, comme le souligne l’ombudsman, que certains éléments du reportage ont pu créer de la confusion auprès de plusieurs téléspectateurs.

La grande leçon que nous tirons de cet épisode, après un bilan exhaustif, est qu’il nous faut mieux prévoir la réaction à de telles révélations et mieux évaluer le contexte dans lequel elles s’inscrivent.

Nous avons décidé de constituer un groupe de visionnement élargi pour les reportages jugés sensibles afin de nous assurer, dorénavant, que l’écriture, la présentation, le montage de ces sujets ne portent pas à confusion sur nos intentions et notre démarche.

Ce groupe comprend des personnes de la salle des nouvelles qui ne sont pas impliquées dans la préparation de ces reportages et, donc, qui sont mieux en mesure de nous alerter de difficultés potentielles.

La question du harcèlement psychologique demeure un sujet qui mérite d’être exploré et débattu. Certains dossiers de presse font d’ailleurs état de situations de harcèlement de la part d’autres personnages publics ces derniers jours.

Dans le cas de M. Sicotte, l’enquête déclenchée par le Conservatoire au moment de la diffusion de notre reportage devrait permettre de faire la lumière non seulement sur les allégations que nous avons rapportées, mais également sur des techniques d’enseignement théâtrales qui, pour plusieurs étudiants, semblent excessives et abusives.

Michel Cormier, directeur général de l’information

Société