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Facebook détruit la société, selon un ex-dirigeant

Chamath Palihapitiya, assis dans un fauteuil, est en train de s'adresser à un public hors champ.
Chamath Palihapitiya a été vice-président de l’acquisition d’utilisateurs à Facebook de 2007 à 2011. Photo: Stanford Graduate School of Business / YouTube

« Je crois que nous avons créé des outils qui sont en train de déchirer le tissu social qui définit le fonctionnement de la société. » Si Chamath Palihapitiya a été vice-président de l'acquisition d'utilisateurs à Facebook de 2007 à 2011, il dit aujourd'hui se sentir très coupable d'avoir contribué à l'essor de ce réseau social.

M. Palihapitiya a fait cette déclaration le mois dernier à l'occasion d’un entretien à l’Université de Stanford (Nouvelle fenêtre). Ses propos ont été découverts lundi sur YouTube par le site web américain The Verge.

« Même si nous faisions semblant qu’il n’y aurait pas de conséquences négatives, je pense que nous savions tous, au fond de nous-même, que quelque chose de mal pourrait se produire », a expliqué M. Palihapitiya, qui dit se servir le moins possible des réseaux sociaux. « Toutefois, je ne crois pas que nous l’envisagions de cette manière. »

Ouvert au grand public en 2006, Facebook a été en partie forgé par M. Palihapitiya, qui remarque aujourd’hui les effets à long terme de sa création. « Les cercles vicieux alimentés par de petites doses de dopamine que nous avons créés sont en train de détruire la société », a-t-il indiqué.

Il n’y a plus de discours civil ni de coopération, et la désinformation et les faussetés se propagent. Ce n’est pas un problème américain, cela n’a rien à voir avec les publicités russes. C’est un problème mondial.

Chamath Palihapitiya, vice-président de l’acquisition d’utilisateurs à Facebook de 2007 à 2011

L’homme d’affaires gère aujourd’hui un fonds de capital de risque dédié aux technologies présentant le potentiel de régler des problèmes mondiaux, notamment en éducation et en santé.

« Je vous encourage, en tant que futurs leaders mondiaux, à bien réfléchir à l’importance de ces questions », a dit M. Palihapitiya au public composé d’étudiants universitaires en gestion. « Si vous nourrissez la bête, elle finira par vous détruire. Si vous la combattez, vous avez une chance de la contrôler et de la dompter. »

D’autres ex-dirigeants se montrent critiques

Les propos de M. Palihapitiya font écho à ceux d’autres anciens employés qui se sont montrés très critiques à l’endroit du réseau social, dans les derniers mois.

Deux jours avant la déclaration de Chamath Palihapitiya, Sean Parker, premier président de Facebook, avait aussi exprimé des regrets par rapport à son rôle dans les premiers pas du réseau social.

« Les conséquences imprévues qui surgissent lorsqu’un réseau atteint un ou deux milliards de membres, cela change littéralement votre relation avec la société et avec vos semblables », avait alors indiqué M. Parker lors d’un entretien public.

Quelques mois plus tôt, en mai, un ex-gestionnaire de produit de Facebook, chargé de rendre les données des utilisateurs profitables pour le réseau social, s’était aussi ouvert au sujet de son expérience. Antonio Garcia-Martinez avait accusé Facebook de mentir en disant que le réseau social n’était pas en mesure de cibler des utilisateurs selon leur état émotionnel.

Avec les informations de The Verge, The Guardian, et Fortune

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