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Les grandes attentes du déménagement de Davis Inlet

Groupe de jeunes Autochtones intoxiqués, dont certains inhalent des vapeurs d'essence dans des sacs en plastique

Jeunes Innus de la communauté de Davis Inlet, s'intoxiquant à l'essence dans les années 90.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 14 décembre 2002 est un jour empreint d'espoir pour la communauté innue de Davis Inlet. Un grand déménagement est orchestré vers le village tout neuf de Natuashish. Une première étape dans un long processus de guérison.

Dans les années 90, ces images bouleversantes de jeunes Autochtones inhalant des vapeurs d’essence nous ont fait découvrir la misère sociale de Davis Inlet. Les conditions de vie dans ce village innu sont également dignes du tiers-monde. Des maisons insalubres, sans eau courante et mal isolées, sont disséminées sur un terrain sans route, jonché de détritus.

Mais les problèmes des Innus Mushuau du Labrador commencent en fait dès 1967. Ils sont alors « installés » à Davis Inlet par le gouvernement canadien. Plus les années passent, plus les habitants réclament un retour à la terre ferme.

La médiatisation de cette situation choque l’opinion publique. Puis, les gouvernements se mobilisent. Après de longues négociations, il est entendu que le village de Davis Inlet soit fermé à tout jamais et que la communauté déménage dans un nouvel emplacement qu’elle aura déterminé.

Les Innus choisissent de repartir à neuf 15 kilomètres plus loin, sur le continent, à Little Sango Pond (Natuashish).

Téléjournal, 14 décembre 2002

Le 14 décembre 2002, c’est à motoneige que les familles quittent Davis Inlet, tournant le dos à 35 ans de misère et d’insalubrité, comme le montre ce reportage de Stephan Thériault au Téléjournal. Pères, mères, enfants et grands-parents s’entassent avec les quelques biens récupérés des taudis sans eau courante et sans évacuation d’aisance. Ils espèrent commencer une vie meilleure, avec de la plomberie, des appareils électroménagers et des robinets qui ne sont plus que décoratifs dans leur vie actuelle.

L’entente entre les deux paliers de gouvernement et les Innus précisait que ces derniers devaient participer activement à la construction de la nouvelle communauté, ayant ainsi accès à de la formation et des emplois.

La construction du village devait être terminée à l’automne 2001, mais elle a pris un net retard. Si le déplacement des Innus commence en décembre 2002, toutes les maisons ne sont pas prêtes à Natuashish. Environ 150 membres de la communauté doivent rester en arrière. N’empêche, beaucoup d’espoir est fondé dans ce village créé de toutes pièces, car il y a beaucoup plus que des problèmes de logements à Davis Inlet.

Outre le déménagement, la stratégie gouvernementale comprend d’ailleurs l’établissement de programmes sociaux afin d’aider les Innus à s’adapter à leur nouvelle collectivité et un service de traitement et de postcure en région rurale. Mais ces promesses seront-elles tenues?

Téléjournal, 22 janvier 2007

Le 22 janvier 2007, le journaliste Mathieu Rompré se rend dans le village de Natuashish pour le Téléjournal. Cinq ans plus tard, il dresse le bilan social de ce déménagement d’envergure.

L’amélioration des conditions de vie, bien que notable, n’a pas résolu les problèmes sociaux de la communauté : suicide, alcoolisme, inhalation d’essence, violence et inceste. Les vieux démons ont aussi fait le trajet depuis Davis Inlet.

C’était naïf de penser qu’en déménageant dans un village flambant neuf nos vies changeraient complètement et que tous nos problèmes disparaîtraient. Ce n’était pas réaliste.

Une citation de : Une travailleuse sociale de la communauté innue de Natuashish

Les Innus demandent au gouvernement fédéral de financer un service de désintoxication pour les familles afin de ne pas avoir à envoyer les enfants dans des centres hors de leur communauté. Ils attendent toujours.

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