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Montréal va bannir les boissons sucrées des bâtiments municipaux

Une personne qui ouvre une canette de boisson gazeuse.

Une personne qui ouvre une canette de boisson gazeuse.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Les boissons sucrées seront graduellement interdites de tous les bâtiments municipaux de la Ville de Montréal comme les arénas, les piscines et les bibliothèques.

Un texte de Julie Marceau (Nouvelle fenêtre)

La motion, adoptée lundi soir par 54 élus du conseil municipal contre 5, demande également à Ottawa d'instaurer rapidement « une taxation sur les boissons sucrées » tout en mettant en place des mesures d'éducation et de sensibilisation.

Il faut avoir une vision holistique de la santé.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

« C’est important pour des raisons de santé publique [...] comme ville on soutient la pratique de l’exercice physique à travers nos arénas, nos stades, nos parcs », a indiqué la mairesse Valérie Plante en marge du dernier conseil municipal avant les fêtes.

La ville définit les boissons sucrées comme des « produits contenant une quantité substantielle de sucres ajoutés », par exemple des boissons gazeuses.

« On dit bannir progressivement, donc ça va être lorsqu’on doit renégocier les contrats. Certains contrats arrivent à terme plus rapidement que d’autres », a expliqué Mme Plante.

La motion a été proposée par le doyen du conseil municipal, Marvin Rotrand, et appuyée par la responsable des sports et loisirs au comité exécutif de la Ville, Rosannie Filato, ainsi que par le maire d'Anjou, Luis Miranda.

Un enfant boit une boisson gazeuse.

Les boissons gazeuses abîment les dents.

Photo : La Presse canadienne

« On a ajouté le terme [graduellement] parce que c’est dit que si on veut du concret, il faut que ce soit graduel. Cela ne peut pas être fait du jour au lendemain », a précisé Rosannie Filato.

« J'espère que le Canada va écouter », a déclaré Marvin Rotrand.

Interdiction complète?

Un père qui amène son enfant à l’aréna pourra-t-il y consommer sa propre boisson sucrée malgré l’interdiction d’en vendre?

« Ça dépend où, ça dépend quand, c’est ce qu’on va vérifier », a indiqué Rosannie Filato.

« C’est important parce que c’est un engagement, ce n’est pas quelque chose qui va durer des années avant que la ville puisse agir. J’imagine que tous les contrats vont arriver à échéance dans 24 mois au plus tard », a affirmé Marvin Rotrand.

Interdire la malbouffe?

Le conseiller de Coalition Montréal aurait toutefois préféré que la motion aille plus loin et interdise la malbouffe. « On ne peut pas bannir les boissons sucrées et ne pas bannir la malbouffe, les gens ne vont pas comprendre », a dit Marvin Rotrand.

L’administration Plante compte également consulter les arrondissements, notamment dans le cadre de la Table des maires.

Avec cette motion, le conseil municipal ajoute ainsi sa voix à de nombreuses organisations ayant souligné au cours des dernières années les risques importants que représentent les boissons sucrées pour la santé. On parle notamment de la Fondation des maladies du cœur et de l‘AVC du Canada, Diabète Canada et la Société canadienne du cancer.

Une étude réalisée en mars 2016 par la Faculté des sciences de la santé appliquées de l'Université de Waterloo concluait qu’une taxe de 20 % imposée aux entreprises produisant des boissons sucrées pourrait sauver plus de 13 000 vies au Canada au cours des 25 prochaines années.

L'étude, financée par des organisations du domaine de la santé, révélait aussi qu'une telle taxe permettrait d'épargner 11,5 milliards de dollars en soins de santé en plus de renflouer le trésor public de 1,7 milliard chaque année.

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