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Que reste-t-il de la fusion de Baie-Comeau, 35 ans après?

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On peut lire «Ici gît la démocratie morte le 23 juin 1982 assassinée par le gouvernement du Parti Québécois» sur un monument érigé devant l'hôtel de ville de Baie-Comeau.

On peut lire «Ici gît la démocratie morte le 23 juin 1982 assassinée par le gouvernement du Parti Québécois» sur un monument érigé devant l'hôtel de ville de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a 35 ans, les villes de Baie-Comeau et de Hauterive ne devenaient qu'une en raison d'une fusion forcée par le gouvernement provincial. Si les enfants des années 2000 n'ont pas été témoins du soulèvement de l'époque, les images du passé sont bien nettes dans l'esprit de certaines personnes plus âgées.

Un texte de Marlène Joseph-Blais

La fusion a provoqué de vives tensions entre les résidents des deux anciennes municipalités séparées par quelques kilomètres. Aujourd'hui, les jeunes de Baie-Comeau ne sont pas tous au fait des tensions qui ont précédé et suivi la fusion de 1982.

Mes grands-parents en parlaient souvent à Noël. Ils parlaient des matchs de hockey à mon oncle, que ça se haïssait puis que ça frappait souvent les autres jeunes.

Alex Aubut, 17 ans, étudiant du Cégep de Baie-Comeau

« Je sais qu'il y avait des conflits un peu entre Mingan et Marquette », souligne Isabelle Lemonnier, une étudiante du Cégep de Baie-Comeau qui a entendu ses parents parler des événements de l'époque.

Des jeunes discutent au Cégep de Baie-Comeau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des jeunes discutent au Cégep de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Souvenirs marquants

Alain Larouche se souvient clairement des événements. Il a milité pour la fusion. « Entre les deux villes, lorsqu'on parlait de fusion, c'était un dialogue de sourds », relate-t-il.

Alain Larouche a été élu conseiller municipal en 1982.               Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alain Larouche a été élu conseiller municipal en 1982.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Comme résident de Hauterive, il constatait que sa ville s'appauvrissait, notamment pour offrir des terrains et des services aux travailleurs des usines de Baie-Comeau. « C'était une ville de services, cégep, écoles, hôpitaux... Ça, c'étaient les sources de base de la ville de Hauterive, et les résidences », dit-il.

Baie-Comeau était beaucoup plus riche avec sa papetière et son aluminerie. « Les taxes de QNO et Reynolds [NDLR : les compagnies qui sont devenues Produits forestiers Résolu et Alcoa], à l'époque, eh bien, on nageait littéralement dans l'argent. Les taxes étaient très basses. [...] C'était une façon, pour le gouvernement, de corriger des situations d'injustice fiscale », dit Alain Larouche.

Avec à leur tête le maire Henry Leonard, les résidents de Baie-Comeau se sont farouchement opposés à la fusion.

C'était facile à mobiliser. Les gens se sentaient agressés et c'était tout à fait normal. Moi, j'étais à Hauterive. J'aurais probablement fait la même chose si j'avais resté à Baie-Comeau.

Alain Larouche, ex-conseiller municipal, Ville de Baie-Comeau

« M. Leonard participait à ces réunions-là. Il était un excellent orateur, très bon. Il soulevait les foules, se rappelle M. Larouche. Du côté de Hauterive, c'était beaucoup plus timide parce qu'on savait que le gouvernement était en arrière d'eux, donc c'était plus tempéré. »

Baie-Comeau a finalement été fusionnée de force par l'adoption du projet de loi 37, le 23 juin 1982.

Par les fenêtres de l'hôtel de ville de Baie-Comeau, on peut voir le monument qui rappelle la fusion de 1982.                 Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Par les fenêtres de l'hôtel de ville de Baie-Comeau, on peut voir le monument qui rappelle la fusion de 1982.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Premières années difficiles

L'élection tenue la même année a eu lieu dans un climat de tension au sein d'une population polarisée.

C'est Roger Thériault qui a été élu maire. Alain Larouche a aussi fait son entrée au conseil municipal cette année-là. Les premières séances publiques ont été mouvementées.

C'était leur hôtel de ville, les gens de Baie-Comeau. Et là, de voir des... on peut dire des étrangers qui venaient ici les gouverner, c'était vraiment difficile pour eux.

Alain Larouche, ex-conseiller municipal, Ville de Baie-Comeau
Les séances du conseil municipal qui ont suivi la fusion de Baie-Comeau ont été mouvementées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les séances du conseil municipal qui ont suivi la fusion de Baie-Comeau ont été mouvementées.

Photo : Radio-Canada

Le vent a commencé à tourner en 1994 avec l'élection de Claude Martel à la mairie. « À partir de ce moment-là, il y a eu un dialogue qui s'est installé entre les conseillers de l'ancien Baie-Comeau et ceux de Hauterive. Et c'est là, si on peut dire, que le ciment a commencé à prendre », raconte l'ex-conseiller municipal.

Tensions dissipées

Alain Larouche a passé 23 ans au sein du conseil municipal de Baie-Comeau. À son départ de l'Hôtel de Ville en 2013, il ne ressentait plus aucune tension entre les représentants des deux secteurs de la municipalité.

Pour la plupart des jeunes, Baie-Comeau est une ville unie. Ils fréquentent les deux secteurs et côtoient des résidents de tous les quartiers.

Pour moi, Baie-Comeau, Marquette, Mingan, c'est comme Baie-Comeau en un.

David Beaulieu, résident du secteur ouest de Baie-Comeau (anciennement Hauterive)

Le secteur ouest est encore appelé Mingan par de nombreuses personnes et le secteur est porte toujours le surnom de Marquette, mais les jeunes s'identifient d'abord comme des Baie-Comois.

« La plupart des centres commerciaux sont à Mingan, mais les activités sont aussi à Marquette, donc ça ne fait pas de différence », affirme Alex Aubut, un étudiant de 17 ans du Cégep de Baie-Comeau.

Mingan et le secteur Ouest de Baie-Comeau sont les termes que l'on utilise maintenant pour parler de l'ancienne ville de Hauterive.                             Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mingan et le secteur Ouest de Baie-Comeau sont les termes que l'on utilise maintenant pour parler de l'ancienne ville de Hauterive.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

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