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  • Envoyé spécial
  • Feux en Californie : « Ça ressemble à un paysage post-apocalyptique »

    Automobiles dans une rue sous un ciel enfumé

    Les microparticules émises par les brasiers détériorent la qualité de l'air en Californie.

    Photo : Radio-Canada / Étienne Leblanc

    Radio-Canada

    Après une accalmie de quelques heures, les feux en Californie ont repris de l'ampleur. Les autorités pourraient devoir les combattre pendant encore des mois. Et des feux aussi intenses et fréquents semblent devenir la « nouvelle norme ». Nos envoyés spéciaux sont sur place pour nous rapporter les derniers développements et prendre le pouls d'une population durement éprouvée, mais déterminée.

    Un texte de Janic Tremblay

    Un serpent de feu sillonne la forêt dans les montagnes de Carpinteria. On devine à distance l'intensité des flammes qui illuminent la nuit. L'incendie est en train de tout raser. De nombreux curieux vont et viennent pour constater de visu la progression du feu. Angela Busi regarde désespérément la montagne qui se consume devant elle en tentant d'immortaliser la scène sur son téléphone.

    « Cela me désole. C’est triste de voir la végétation s’envoler en fumée. Surtout qu’au printemps dernier on avait eu droit à une floraison exceptionnelle. C’était vert partout. En ce moment, cela ressemble plutôt à un paysage post-apocalyptique. Et ce n’est pas terminé! »

    Les feux en Californie, la nuit

    Les feux en Californie, la nuit

    Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

    Tout a commencé il y a une semaine, quand les bourrasques de Santa Ana se sont mises à souffler. Ces vents naissent quand une zone de haute pression s’installe dans les montagnes de la Sierra Nevada et pousse l’air dans les vallées. Là, les vents chauds et pratiquement dépourvus d’humidité prennent de la vitesse et assèchent tout sur leur passage. À la moindre étincelle, tout peut s’embraser.

    C’est ce qui s’est produit il y a quelques jours. Ces mêmes vents ont aussi transporté des tisons ailleurs, parfois sur des dizaines de kilomètres, ce qui a multiplié les foyers d’incendie. Ces tisons, on ne les distingue pas ce soir. Mais on les devine tout de même. Les milliers de pompiers à pied d’oeuvre pour contenir les incendies les ont déjà trop vus. Tant et tellement qu’ils leur ont trouvé un nom : les yeux de chats. Quiconque a déjà marché ou couru dans le noir armé d’une lampe de poche peut en témoigner : les yeux des félins tapis dans l’obscurité percent parfois la nuit de façon inquiétante. Les tisons dévastateurs qui ont rougi le ciel des banlieues du nord-ouest de Los Angeles sont justement comme des chats prêts à fondre sur une proie.

    Cinq camions de pompiers alignés sous un ciel enfumé

    Camions de pompiers à Carpintiera

    Photo : Radio-Canada / Étienne Leblanc

    Les dommages sont considérables. Plus de 900 kilomètres carrés ont été ravagés par les flammes. Environ 500 maisons et maisons mobiles ont brûlé. Des récoltes entières ont été anéanties pour cette année et peut-être aussi pour la prochaine en raison de l’accumulation de cendre. Des dizaines de chevaux sont morts lorsque leur écurie a pris feu. Selon certains comptes rendus, certaines bêtes, rendues folles par la catastrophe, auraient même galopé jusqu’à s’effondrer sans vie.

    Presque miraculeusement, les incendies n’ont fait jusqu’ici qu’une seule victime humaine : une septuagénaire qui a péri dans un accident de voiture.

    Il y a cependant d’importantes conséquences sur la santé humaine. La qualité de l’air oscille entre mauvaise et médiocre dans certains secteurs. L’atmosphère est chargée de toutes sortes de micro-particules nocives libérées par les brasiers. Dans la région d’Ojai, l’indice de qualité de l’air atteint les plus hauts niveaux sur les échelles de mesure. De nombreuses personnes aux prises avec des problèmes respiratoires se sont présentées dans les hôpitaux.

    La situation préoccupe de toute évidence l’Agence régionale de santé publique, qui encourage très fortement le port de masques de protection et en distribue un peu partout. Le message passe. Les gens qui s’aventurent ou travaillent à l’extérieur sont nombreux à les porter.

    Un serveur dans un restaurant porte un masque pour se protéger des particules et de la fumée.

    Serveur dans un restaurant qui porte un masque pour faire le ménage à l’extérieur.

    Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

    Chaque nuit, le feu gruge un peu plus dans les montagnes. Le soleil se lèvera bientôt. On aura une meilleure idée de l’étendue de la dévastation.

    International