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Faire de la poésie avec la Flore laurentienne

Couverture du livre « Brasser le varech ».

« Brasser le varech » est le premier livre de Noémie Pomerleau-Cloutier, paru à La Peuplade.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est un vieil exemplaire de la Flore laurentienne, annoté par son père, qui a mené Noémie Pomerleau-Cloutier à écrire Brasser le varech, son premier recueil de poésie, paru aux éditions La Peuplade. L'auteure, qui a grandi dans la Matapédia et vécu son adolescence sur la Côte-Nord, y célèbre le fleuve qui « grignot[e] le ciel tout cru » et « le chapelet infini / des petites villes » de la route 138.

Une chronique de Julie Tremblay

« Il y a toujours une espèce d'arrachement qui nous amène en ville [...], mais il restera toujours une partie de nous qui cherche le fleuve partout où on est », affirme Noémie Pomerleau-Cloutier, qui, bien qu'elle habite maintenant à Montréal, garde encore un attachement particulier pour la région qui l'a vue grandir.

Quand on est jeune et qu'on grandit sur la Côte-Nord, on ne sait pas à quel point là où on habite c'est phénoménal, par le paysage, par l'isolement aussi.

Noémie Pomerleau-Cloutier, poète

Cet isolement et ce paysage « phénoménal » sont omniprésents dans Brasser le varech. L'auteure y rend hommage à son père, un ingénieur forestier, qu'on devine mort dans un accident où il a reçu « son bois en pleine face / la 138 dans le crâne ». Elle utilise le nom des plantes pour décrire le territoire et les émotions qui s'y rattachent, comme le faisait son père, à sa manière, dans son enfance.

« Je me rappelle de promenades en forêt où mon père nous donnait le nom latin des arbres. [...] C'était comme une langue à part qu'il parlait et je crois qu'à un certain point, j'ai beaucoup aimé la botanique pour me rapprocher de mon père, peut-être, quand j'étais plus jeune. »

« de nouvelles racines
t'ancrent en ville
dans l'Est
là où ton père est né

elles creusent le béton
armées
têtes chercheuses de bleu repère »

- Extrait de Brasser le varech, de Noémie Pomerleau-Cloutier

Noémie Pomerleau-CloutierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Noémie Pomerleau-Cloutier

Photo : Sage Rebelle Photo

En redécouvrant cette langue à part que parlait son père, Noémie Pomerleau-Cloutier s'est rendu compte que « l'herbier / la vie » peuvent parfois paraître des « truc[s] jauni[s] », mais qu'en réalité, ils sont remplis « de petits trésors ».

Et puisque « les arbres et les plantes ont ces silences forts qui ne sont pas donnés aux humains », la nature prend souvent le dessus sur l'homme dans Brasser le varech : « en retard sur les semis / à la polyvalente / on ne sait pas dans quel rang / te mettre // anyway / ce qui pousse ici / peut juste être sauvage », écrit l'auteure dans un recueil où, indéniablement, « y'a de l'horizon / à bouffer / pour tout le monde ».

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