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Une mère de famille de Lac-Mégantic conteste son extradition en Cour d'appel

Une mère de famille de Lac-Mégantic conteste son extradition en Cour d'appel
Radio-Canada

Après sept ans de saga judiciaire, l'extradition vers les États-Unis d'une mère de famille de Lac-Mégantic, surnommée « Madame M. » , sera contestée, lundi, en Cour d'appel à Montréal. La dame tente d'éviter un procès en sol américain. Elle a accueilli ses filles au Canada alors qu'elle n'en avait pas la garde pour les soustraire à la violence de leur père.

Il y a sept ans, Madame M. se réfugie au centre d'hébergement La Bouée de Lac-Mégantic avec ses deux filles afin de fuir un climat de violence familiale.

En décembre 2010, un long processus s'enclenche pour forcer son extradition au sud de la frontière canadienne. À ce moment-là, elle était loin de se douter que son histoire allait la mener devant la plus haute instance judiciaire du Québec.

Cinq ans après le début des procédures, la ministre de la Justice, Jodie Wilson-Raybould, demande une révision de son dossier. L'extradition, ordonnée quelques jours plus tôt par la Cour suprême, est alors suspendue. La demande de révision judiciaire sera donc étudiée par les juges de la Cour d'appel le 11 décembre.

Malgré les revers, les longs délais et une incertitude constante pour l'avenir de sa famille, Madame M. se dit fin prête à poursuivre son combat en justice. Rencontrée par Radio-Canada à son domicile à la veille du début de cette nouvelle procédure, elle espère que son histoire permettra au moins d'améliorer la loi canadienne et de mieux protéger les femmes victimes de violence.

« Je pense que c'est un dossier très important. Il pourrait permettre de changer la loi en permettant de mieux reconnaître la violence contre les femmes et les enfants » croit Madame M.

Chaque fois que la justice doit se prononcer, la mère de famille est emprisonnée. Elle a donc pris le chemin de la prison, dimanche après-midi.

En temps normal, elle est contrainte à des conditions très sévères, dont celle d'être confinée à son logement 22 heures par jour

Soutenue par la communauté

L'organisme La Bouée de Lac-Mégantic a joué un rôle important dans la vie de Madame M. depuis son arrivée dans la région. Sa directrice, Sylvie Morin, retient son souffle et espère que la Cour d'appel mettra fin à une saga qui, selon elle, est injustifiée.

« C'est certain que le plus bel espoir, ce serait que les juges disent que c'est terminé. À ce moment, il n'y aurait pas de recours. [...] Mais il y a eu tellement de rebondissements depuis le début, qu'on est tous un peu à la même place : on attend », dit-elle.

L'espoir est d'autant plus grand pour les deux filles de Madame M., qui espèrent enfin pouvoir vivre sans crainte de voir leur mère être emprisonnée ou extradée.

« C'est sûr qu'on aimerait que ça se passe bien et qu'on puisse tous partir ensemble à la maison. », raconte l'une d'elles.

On essaie d'avoir une vie normale le plus possible. [...] On essaie de vivre deux vies en même temps.

Une des deux filles de Madame M.

Selon Sylvie Morin, les enfants de Madame M. sont des victimes collatérales dans cette histoire.

« On a aussi enfermé les enfants dans cette situation-là. C'est comme si on refaisait violence à travers cette situation, à chaque fois », croit-elle.

Plusieurs groupes de femmes seront présents à la Cour d'appel afin de soutenir la mère de famille, pour une dernière fois, espèrent-ils.

Estrie

Justice et faits divers