•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le plan de protection du caribou de la Gaspésie doit-il être revu?

Des caribous montagnards de la Gaspésie

Des caribous montagnards de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Ils sont aujourd'hui moins d'une centaine à sillonner les montagnes de la Gaspésie. Coincés entre leurs prédateurs naturels, les coupes forestières et les adeptes de plein air, les caribous montagnards se meurent. Élus et chercheurs souhaitent des changements et estiment que le plan d'action de Québec doit être modifié.

Un texte de Léa Beauchesne d’après le reportage de Martin Toulgoat

La population de caribous montagnards décline d’année en année, malgré les mesures de protection déployées telles que le contrôle de prédateurs et l’interdiction ponctuelle de circuler dans les zones de prédilection de l’animal.

Aux portes du parc de la Gaspésie, à Sainte-Anne-des-Monts, le maire se demande si les efforts pour protéger l’animal emblématique sont adéquats.

On veut essayer de mettre des bâtons dans les roues à tout le monde. Forestiers, ski hors-piste, motoneiges et j'en passe. Au détriment de sauver 60 caribous! Je veux les sauver les caribous, mais les mesures mises en place dans les dernières années ne semblent pas fonctionner.

Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts
Un caribou montagnard au Mont-Albert dans le parc de la GaspésieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un caribou montagnard au Mont-Albert dans le parc de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Selon les chercheurs, c'est surtout la façon de mener les coupes forestières dans les réserves fauniques au cours des 25 dernières années qui a déstabilisé l'habitat naturel de cet animal emblématique de la région.

Le haut taux de mortalité du caribou est surtout lié à la prédation et les coupes forestières facilitent les déplacements des coyotes et des ours au moment de traquer leur proie.

À cet habitat déjà fragile, il faut maintenant ajouter l’impact des skieurs hors-piste, de plus en plus nombreux à fréquenter le parc de la Gaspésie. Les spécialistes estiment toutefois que les skieurs à eux seuls ne feraient pas diminuer la population de caribous.

Un skieur hors-piste en GaspésieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un skieur hors-piste en Gaspésie

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Pour fuir leurs prédateurs massés au pied des montagnes, les caribous se réfugient dans les sommets, lieux de prédilection des skieurs et randonneurs.

Pour le professeur à l’Université du Québec à Rimouski, Martin-Hugues St-Laurent, cette présence humaine amène un stress supplémentaire pour l’animal, qui se trouve alors pris dans un guet-apens.

« On sait que la majorité des caribous qui sont morts, sont morts en plus basse altitude, donc on voit qu'il y a un lien, à tout le moins comportemental et peut-être démographique du dérangement occasionné par les skieurs. »

De leur côté, les skieurs se questionnent eux aussi sur les mesures de protection. Récemment, un documentaire produit par des amateurs de glisse soulevait des questions sur ce qu’ils estiment être un double standard pour les industriels et les skieurs.

Un skieur aux Champs-de-Mars dans la réserve faunique des Chic-ChocsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un skieur aux Champs-de-Mars dans la réserve faunique des Chic-Chocs

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Quelles solutions?

Le programme de recherche mené sur le caribou par son équipe au cours des six dernières années présente des solutions comme celle de resserrer les règles pour les forestières et d’éviter le ski hors-piste en présence de caribous.

Le chercheur croit tout de même qu’il est possible d’établir un équilibre entre économie et conservation de l'espèce.

La réalité, c'est qu'en arrière de ça, on a 30 ans de foresterie intensive qui pousse dans une direction qui est défavorable au caribou.

Martin-Hugues St-Laurent, professeur à l’Université du Québec à Rimouski

« Il faut diminuer la proportion de coupes forestières, un petit peu, il faut refermer des voies d'accès, il faut intensifier le contrôle de l'ours et du coyote en Gaspésie et avec ça, les scénarios les plus crédibles qu'on a indiquent que la population va être persistante dans le temps. »

Les montagnes de la GaspésieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les montagnes de la Gaspésie

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Dans un rapport publié en 2016 par la Direction de la gestion de la faune de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, on peut lire que « des efforts supplémentaires de contrôle de prédateurs devraient être entrepris pour tenter d’accroître le taux de survie des faons et maintenir les nouveaux individus au sein de la population, parallèlement à la mise en œuvre de plus d’actions visant à réduire l’attrait des habitats soutenant les populations de prédateurs. »

Depuis, la direction du parc de la Gaspésie a entrepris un projet pour reboiser certains chemins forestiers.

Chose certaine, Québec devra redoubler d’efforts pour honorer le statut d’espèce en péril du caribou, puisque le statu quo entraînerait l'extinction de l’espèce en Gaspésie d'ici 30 ans.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Protection des espèces