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Sept mois après les inondations, des sinistrés de Rigaud attendent toujours de l'aide

Les Lespérance-Mathieu retournent régulièrement chez eux pour y effectuer du ménage, en attendant de pouvoir rentrer y vivre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Jetés hors de chez eux par l'eau qui s'est infiltrée dans leur sous-sol au printemps dernier, Francine Lespérance et Yvon Mathieu sont engagés dans un bras de fer avec le ministère de la Sécurité publique. On leur promet d'abord de l'aide pour reconstruire, mais après une série d'erreurs administratives, ils apprennent qu'ils doivent abandonner leur maison.

Dans la chambre d'une auberge où ils vivent depuis sept mois, le couple Lespérance-Mathieu a les nerfs à fleur de peau.

« C'est dur... », lance Francine Lespérance en essuyant des larmes, la voix brisée par l'émotion. « J'ai hâte d'être chez nous, dans nos affaires, que ça se règle avec le ministère. On est épuisés. »

Ils pensaient pouvoir réintégrer leur résidence pour le temps des Fêtes, mais une série d'erreurs et de délais dans la gestion de leur dossier compromet ce retour.

Dans un grand sac réutilisable, M. Mathieu conserve l'ensemble des traces écrites de ses démarches auprès de la Sécurité publique et de la Ville de Rigaud pour obtenir le droit (et l'aide) pour reconstruire son sous-sol. Ce sac témoigne de la saga administrative qu'ils vivent maintenant depuis plusieurs mois.

On essaie d'avoir des réponses, mais sans succès. C'est toujours, toujours, toujours la même chose.

Yvon Mathieu, sinistré

Comme plusieurs autres sinistrés au Québec, le couple tente d'obtenir un rapport confirmant que les dégâts subis lors des crues s'établissent à moins de 50 % de la valeur de leur domicile - histoire de bénéficier d'un programme de reconstruction provincial.

Le premier document qu'ils obtiennent est truffé d'anomalies.

Après des semaines de démarches, le ministère reconnaît son erreur et fournit un deuxième rapport qui confirme le droit à une subvention de l'État.

Le couple se tourne alors rapidement vers l'administration municipale de Rigaud pour demander les permis de rénovation nécessaires.

« Nous nous sommes assis avec [M. Mathieu] : tous les permis, tous les documents étaient conformes », indique la responsable des communications de la Ville de Rigaud, Marie-Andrée Gagnon.

Une prime pour partir

Avant que les sinistrés ne commencent les travaux, le ministère émet un troisième rapport, affirmant que les dommages dépassent tout juste la barre des 50 %, bloquant ainsi l'accès aux sommes gouvernementales.

En fait, le pourcentage s'établissait à 50,4 %. « Nous étions à 47 % quand nous avons eu le permis; il ne restait que le financement [à régler] pour commencer les rénovations, puis les deux bras nous sont tombés. Ça ne se peut pas, 50,4! », se souvient Mme Lespérance.

Ce n'est pas possible, les choses qu'on nous dit au ministère. La version change à chaque fois que vous parlez à différentes personnes.

Yvon Mathieu, sinistré

Sans subvention, le couple n'a pas les reins assez solides pour assumer les coûts importants des travaux, ce qui signifie devoir abandonner l'endroit où ils résident depuis 34 ans.

De plus, Québec cherche à inciter le couple à quitter son domicile, en lui offrant une prime de départ.

Refusant de baisser les bras, le couple continue de contester les conclusions du troisième rapport de la Sécurité publique, celui qui les force en réalité à abandonner leur maison. « [On] se bat tous les jours », disent Mme Lespérance et son conjoint.

Un représentant du ministère doit rencontrer Mme Lespérance et M. Mathieu le 14 décembre. La Sécurité publique a toutefois refusé de commenter spécifiquement ce dossier.

Traitement en retard

À la Ville de Rigaud, la responsable des communications reconnaît « d'importants délais » dans le traitement de plusieurs dossiers: « On sent la frustration auprès des citoyens... ce sont surtout des délais en matière d'aide financière », mentionne Mme Gagnon.

« On n'a aucune communication avec le ministère », ajoute-t-elle. Seulement 16 dossiers liés aux inondations ont été réglés à la Ville, contre 200 encore en attente.

Avec les informations de Fannie Bussières McNicoll.

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