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Les images d’un ours polaire squelettique au Nunavut bouleversent les internautes

La vidéo d'un ours polaire émacié filmée par un Canadien devient virale.

Photo : Cristina Mittermeier

Radio-Canada

La vidéo d'un ours polaire squelettique, qui tire la sonnette d'alarme sur les effets des changements climatiques sur la faune, est devenue virale sur le web.

Les images, vues plus de 12 millions de fois sur Facebook, ont été captées par Paul Nicklen, un photojournaliste canadien qui travaille pour National Geographic.

L’ours polaire sur l'île de Baffin apparaît émacié, l'écume à la bouche, en train de fouiller dans un baril en métal à la recherche de nourriture. L’ours a sorti du baril ce qui ressemblait à un morceau de siège d’une motoneige pour le manger.

La scène a ébranlé les photographes et l'équipage, a expliqué Cristina Mittermeier, cofondatrice de SeaLegacy. « C’était incroyablement choquant » de voir cet animal à ce stade avancé de famine, a-t-elle ajouté.

Le photojournaliste, qui est aussi le cofondateur du groupe militant SeaLegacy, espère que la vidéo, qu'il décrit comme étant « crève-cœur », aidera à « abattre les murs d'apathie » en ce qui a trait aux changements climatiques. Cristina Mittermeier a affirmé vouloir montrer au monde de quoi a l’air la famine chez cet animal majestueux.

« Nous sommes allés dans l'Arctique canadien pour documenter les effets des changements climatiques. Nous avons trouvé du bon, du beau et du moins beau, mais surtout de magnifiques animaux et paysages que nous voulons protéger », écrit-elle dans un message publié vendredi sur le web.

Aux internautes, qui ont reproché aux auteurs de la vidéo ne n’avoir pas agi sur place pour aider l'animal, Mme Mittermeier a répondu que l’équipe ne pouvait rien faire pour un ours qui mange 400 livres de viande de phoque qu’ils n'avaient pas.

Les changements climatiques en cause

Paul Nicklen a confié à CBC que lorsqu'il entendait les scientifiques dire que les ours polaires disparaîtraient au cours du prochain siècle, il savait très bien que ce serait la famine qui tuerait ces animaux emblématiques du Nord canadien.

Le cas de cet ours n’est pas unique, soutient M. Nicklen. Les ours blancs comptent sur la glace pour avoir accès à leurs sources alimentaires principales. Dans cette région, les hivers deviennent de plus en plus courts et la glace fond avant que les ours puissent rassembler assez de nourriture qui les maintiendra en vie pendant l'hibernation.

Ian Stirling, un professeur auxiliaire de l'Université de l'Alberta qui étudie les ours polaires depuis 40 ans, affirme qu'en raison des changements climatiques, la période durant laquelle les ours peuvent s'alimenter dure maintenant trois semaines de moins.

La période d'alimentation diminue progressivement, ce qui fait que les ours arrivent sur la terre ferme avec des réserves de graisse moins importantes sur lesquelles ils doivent compter pendant plus longtemps et certains n'y arrivent tout simplement pas, explique M. Stirling.

Les ours polaires sont capables de se priver de nourriture pendant des mois. M. Stirling prévient toutefois qu'un jeûne légèrement plus long et moins de temps pour faire des réserves de graisse en dévorant un nombre suffisant de phoques pourraient condamner de plus en plus d'ours à mourir de faim.

M. Nicklen a lancé samedi un appel à l'action contre les changements climatiques. Au lieu d'essayer de nourrir une poignée d'ours affamés, les gens devraient plutôt faire de grands changements comme réduire leur empreinte de carbone et mettre fin à la déforestation, a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

Changements climatiques

Environnement