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L'aéroport d'Halifax adopte la déclaration électronique

Gros plan sur l'application installée sur un téléphone cellulaire

L'application FrontièreCan sur un téléphone.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada élimine les cartes de déclaration papier à l'aéroport international Stanfield d'Halifax et encourage le public à télécharger une application mobile pour accélérer le processus de déclaration, mais cette nouvelle initiative soulève des inquiétudes quant à la protection des renseignements privés.

Les voyageurs arrivant à Halifax en provenance de l'étranger devront maintenant se familiariser avec des bornes d'inspection primaire, une nouvelle étape obligatoire avant de passer aux douanes.

Plutôt que de remplir la traditionnelle déclaration papier, il s’agit pour le voyageur d’entrer à l’aide d’un écran tactile les informations relatives à son voyage et sur ce qu’il ramène de l’étranger. Le voyageur scanne ensuite son passeport et la machine prend une photo de son visage pour confirmer son identité.

Visage d'un homme sur l'écran d'une borne d'inspection.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une borne d'inspection prend la photo d'un acteur effectuant une démonstration de la machine, le 8 décembre 2017 à l'aéroport Stanfield d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Pour minimiser l'attente à cette borne d'inspection, l’agence des services frontaliers invite les voyageurs à télécharger une application mobile pour y entrer cette déclaration électronique. Il est possible de le faire avant le débarquement, avec son téléphone cellulaire sous mode « avion ». Le voyageur n’a ensuite qu’à scanner à la borne électronique le code-barres « QR » généré par l’application.

Calvin Christiansen, de l’Agence des services frontaliers du Canada, assure que les données recueillies auprès des voyageurs ne sont pas conservées dans les bornes. « Toutes les données sont cryptées dans notre système », assure M. Christiansen, qui affirme que l’agence suit les normes établies par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

M. Christiansen fait valoir que le processus de déclaration est accéléré de 50 % lorsque les passagers soumettent une déclaration électronique.

Inquiétudes pour la vie privée

Comme plusieurs autres technologies, l’initiative de déclaration électronique soulève des interrogations quant à la collecte et à l’utilisation des données personnelles des citoyens.

David Fraser, avocat d’Halifax spécialisé en matière de technologies et de protection de la vie privée, n’est pas rassuré par la déclaration électronique.

« Je n’installerais jamais, pas en un million d’années, une application de l’Agence des services frontaliers du Canada sur mon téléphone. Ils sont une agence chargée de l’application des lois, ils disent déjà que nous ne devons pas espérer que notre vie privée soit respectée à la frontière, je n’ai pas confiance en leur capacité à faire preuve de retenue une fois qu’ils sont dans mon téléphone via une application. »

David FraserAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Fraser, avocat d'Halifax spécialisé dans les questions relatives aux technologies et à la protection de la vie privée.

Photo : CBC/Shaina Luck

Me Fraser rappelle que les institutions du gouvernement doivent effectuer une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant de mettre en place de telles initiatives, mais juge les normes canadiennes actuelles « très faibles ».

Il fait part de ses doutes au sujet de la transparence de la procédure menant à l'implantation de ce genre d’initiatives, et souligne que l’on exige déjà des voyageurs de modérer leurs attentes en matière de vie privée lorsqu’ils traversent la frontière.

« Je n’accepterais pas un logiciel des forces de l’ordre sur mon téléphone », conseille-t-il.

Pas de pertes d’emploi

Selon Calvin Christiansen, de l’Agence des services frontaliers, l’implantation de la déclaration électronique n’a pas comme objectif de remplacer les agents et ne devrait pas entraîner de pertes d’emploi.

L’aéroport international Stanfield d'Halifax est le cinquième au Canada à adopter cette technologie. Il est prévu qu’elle fasse son apparition dans plusieurs autres aéroports du pays en 2018.

Avec les informations de Stéphanie Blanchet

Nouvelle-Écosse

Société