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Au moins 15 Casques bleus sont tués dans une attaque au Congo

Des Casques bleus patrouillent à Sud-Kivu en République démocratique du Congo.

Les Casques bleus qui ont péri provenaient majoritairement de Tanzanie.

Photo : Reuters / Crispin Kyala

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au moins 15 Casques bleus tanzaniens des Nations unies ont été tués et 53 autres blessés dans une attaque de miliciens islamistes présumés contre une base de l'ONU dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé vendredi la mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC (Monusco).

Il s'agit de la pire attaque contre les Nations unies « dans l'histoire récente », a déclaré à la presse le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a parlé de « crime de guerre ».

Le président tanzanien, John Magufuli, s'est déclaré « choqué et attristé » par ce raid, qui intervient dans un contexte de violence croissante contre les civils, l'armée régulière et les forces onusiennes dans les zones frontalières de l'est de la RDC.

À New York, au siège des Nations unies, Antonio Guterres a demandé aux autorités congolaises d'enquêter et de traduire rapidement les auteurs de l'attaque devant la justice.

« Je veux exprimer mon indignation et mon plus grand chagrin à propos de l'attaque de la nuit dernière », a déclaré le secrétaire général de l'ONU à des journalistes.

« Il ne doit pas y avoir d'impunité pour de tels assauts, là-bas ou n'importe où ailleurs. »

— Une citation de  Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Heather Nauert, porte-parole du département d'État américain, a écrit sur Twitter que les États-Unis étaient « atterrés par cette attaque horrible ».

L'attaque s'est déroulée jeudi soir à une cinquantaine de kilomètres de Beni, une ville de la province du Nord-Kivu proche de la frontière avec l'Ouganda.

Trois autres Casques bleus sont portés disparus après les combats qui ont éclaté à la tombée de la nuit et ont duré trois heures, a indiqué Ian Sinclair, directeur du Centre des Nations Unies pour les opérations et la gestion des crises.

La Monusco soupçonne les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe rebelle d'obédience islamiste actif en Ouganda et dans l'est de la RDC, d'avoir mené cette attaque contre la base de Semuliki.

« Ils ne veulent pas de nous ici »

La mission de l'ONU précise que des renforts ont été envoyés dans la région de Beni, en coordination avec l'armée congolaise, et que des évacuations médicales sont en cours.

La Monusco a également déclaré que cinq soldats congolais avaient été tués. L'armée de RDC déclare qu'un seul de ses soldats est porté manquant, et qu'un autre a été blessé. Elle ajoute que 72 assaillants ont été tués.

L'est de la RDC, riche en minerais, est le terrain de rivalités sanglantes entre groupes armés rivaux depuis plus de 15 ans et la fin de la guerre de 1998-2003, qui a coûté la vie à plusieurs millions de personnes des suites de maladies ou de la famine.

La région est régulièrement le théâtre de massacres. En octobre dernier, les corps de 26 personnes probablement tuées dans une embuscade y ont été retrouvés.

Le gouvernement de Kinshasa et la Monusco imputent l'essentiel de ces violences aux ADF, mais des experts de l'ONU et des analystes indépendants mettent en cause d'autres milices ainsi que des éléments de l'armée gouvernementale.

En réponse aux troubles croissants et dans le but de protéger davantage la population civile, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a déclaré que la Monusco avait renforcé ses activités dans la région.

« Ils ne veulent pas de nous ici. Et je pense que cette attaque est une réponse [...] à notre position de plus en plus solide dans la région. »

— Une citation de  Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix

Le raid de jeudi est la troisième attaque de ces derniers mois contre une base de l'ONU dans l'est de la RDC.

L'activité accrue des milices dans l'est et le centre de la RDC aggrave l'insécurité dans un pays déjà en proie à des tensions politiques liées au refus du président Joseph Kabila de quitter ses fonctions, alors que son mandat a expiré en décembre dernier.

Créée en 2010, la Monusco est la plus grande mission de maintien de la paix des Nations unies. Elle a enregistré déjà 93 décès parmi son personnel civil, policier et militaire.

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