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La pauvreté présente dans tous les quartiers de Montréal

L'ombre d'une femme et de ses enfants

Photo : Getty Images / Sean_Warren

Radio-Canada

Il y a 20 ans, la pauvreté était cantonnée dans certains quartiers de Montréal. Elle formait un « L » partant de Verdun, puis passant par le boulevard Saint-Laurent pour aboutir à Montréal-Nord.

Mais en 2017, cette pauvreté se retrouve dans des secteurs que l'on ne soupçonnait pas, comme le quartier Notre-Dame-de-Grâce (NDG), dans l'ouest de Montréal.

Si, dans ce quartier, le secteur où les gens aisés habitent est bien connu, celui des démunis l'est moins. Pourtant, ces derniers y représentent le tiers de la population.

« Cette pauvreté est due en grande partie à l'arrivée des immigrants ces 20 dernières années », indique Mario Régis, vice-président au développement social de l'organisme Centraide.

Le comptoir alimentaire NDG pour la population démunie des quartiers de l'ouest de la villeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le comptoir alimentaire NDG

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de Dépôt alimentaire NDG, Daniel Rotman, a vu la population du quartier se transformer, notamment avec l'augmentation du nombre de familles monoparentales, qui représentent 34 % de la population.

« L'année dernière, 5000 personnes sont venues. Tout le monde : nouveaux arrivants, personnes seules, personnes qui travaillent », explique-t-il.

« La pauvreté se répand dans différents quartiers. Elle se fractionne comme des taches de léopard », ajoute Mario Régis, de Centraide.

Dans Westmount et dans Hampstead, par exemple, une population de personnes âgées et isolées est aux prises avec une grande insécurité alimentaire.

De plus, 40 % des démunis travaillent. Et cette situation n'est pas unique à Montréal.

« Toutes les villes canadiennes sont touchées. Le nombre de personnes qui travaillent et qui sont pauvres augmente partout dans le monde », explique le chercheur Xavier Leloup, de l'Institut national de la recherche scientifique.

Pour l'économiste François Delorme, de l'Université de Sherbrooke, la guignolée est un beau geste, mais il faut penser aux autres jours de l'année pour sortir les gens de la pauvreté.

Selon lui, augmenter le salaire minimum – qui est actuellement à 11,25 $ au Québec –, ou même assurer un revenu garanti, ce n'est pas suffisant pour sortir les gens de la pauvreté. « Il faut revoir la fiscalité afin que les gens à faible revenu ne soient pas pénalisés dès que leur salaire augmente », précise-t-il.

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) a d'ailleurs profité de la guignolée pour interpeller le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, en lui disant « que la guignolée de Noël continue d’exister parce qu’il choisit de mettre en place des politiques sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté ».

Le porte-parole du FCPASQ, Yann Tremblay-Marcotte, a ajouté: « Le gouvernement du Québec doit trouver les moyens d’aider réellement les personnes, comme aller chercher l’argent dans les paradis fiscaux plutôt que de recourir à une guignolée qui n’aide les personnes qu’une fois par année ».

Avec les informations de Catherine Kovacs

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