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Des traces d'antidépresseurs dans les poissons

Un homme retire un poisson d'un piège.

Les chercheurs ont comparé les poissons exposés aux médicaments à ceux qui vivent dans une eau plus pure.

Photo : Université McMaster

Radio-Canada

Une équipe de chercheurs a mis en lumière un effet de la consommation d'antidépresseurs par la population sur les poissons de la région de Hamilton en Ontario. L'étude démontre que ces poissons deviennent vulnérables face aux prédateurs.

Un texte de Cristèle Magnout

L'équipe du Dr Jim Sherry d'Environnement Canada a analysé le sang de deux groupes de poissons dans la région de Hamilton. Elle a détecté la présence de plusieurs types d'antidépresseurs dans le plasma d'un premier groupe.

Il semble que les médicaments n'avaient pas été totalement éliminés par l'usine de traitement des eaux usées. Les poissons du deuxième groupe provenaient d'une autre zone.

Des poissons « moins stressés »...

Les chercheurs ont analysé les comportements des deux catégories de poissons.

Selon Sigal Balshine, chercheuse à l'Université McMaster en Ontario et coauteure de la recherche, les poissons du premier groupe étaient « moins stressés » sous l'effet des médicaments.

Les scientifiques ont aussi constaté que les poissons moins anxieux étaient plus actifs et plus enclins à explorer leur environnement que les poissons qui n'étaient pas exposés aux antidépresseurs.

... et moins craintifs des prédateurs

Mais plus encore, c'est la réaction des poissons face au danger qui a attiré l'attention des scientifiques. Les deux catégories ont développé des réflexes de défense différents.

Le professeur Sébastien Sauvé de l'Université de Montréal explique que « les poissons s'immobilisent en général à l'approche d'un prédateur afin de passer inaperçus ».

Dans le cadre de l'étude, les chercheurs ont constaté que les poissons du premier groupe se remettaient très vite à nager après un court arrêt.

Pour le spécialiste de chimie environnementale « ces poissons sont moins craintifs et donc moins aptes à fuir les prédateurs et deviennent donc plus vulnérables dans leur environnement ».

Toronto

Société