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La mort d'un homme ivre relance les débats sur l'ébriété publique en N.-É.

La police d'Halifax a arrêté et placé en cellules de dégrisement 1894 personnes, de janvier à novembre 2017, une moyenne de six par jour.

La police d'Halifax a arrêté et placé en cellules de dégrisement 1894 personnes, de janvier à novembre 2017, une moyenne de six par jour.

Photo : Radio-Canada / CBC/Austin Grabish

Radio-Canada

La mort d'un homme ivre dans une prison d'Halifax, en juin 2016, relance le débat sur l'arrestation des personnes en état d'ébriété dans les lieux publics et sur leur emprisonnement. Des spécialistes et des observateurs affirment que la province devrait envisager d'autres solutions.

Corey Rogers a célébré la naissance de sa fille en s’enivrant, le 15 juin 2016. Des agents de la police régionale d’Halifax l’ont arrêté pour ébriété publique près du Centre des sciences de la santé IWK, vers 22 h 30. L’homme de 41 ans est mort dans une cellule au quartier général de la police régionale d’Halifax quelques heures plus tard.

Deux agents font face actuellement à des accusations de négligence criminelle causant la mort, relativement à cette affaire, et trois autres policiers font l’objet d’une enquête.

D’autres options

La mère de Corey, Jeannette Rogers, affirme que les cellules de dégrisement ne sont pas appropriées pour des cas comme celui de son fils. Là-dessus, elle obtient l’appui de plus en plus d’avocats et de travailleurs sociaux.

« Les personnes hautement intoxiquées ne devraient pas se trouver en prison », affirme Jeannette Rogers, une infirmière psychiatrique à la retraite. Depuis la mort de son fils, elle étudie les politiques relatives à l’ébriété publique dans les différentes provinces.

Le professeur de droit à l’Université Dalhousie, Archie Kaiser, pense lui aussi que les autorités doivent trouver d’autres solutions. « Ce sont des personnes qui ont pris de mauvaises décisions passagères ou qui ont des problèmes de consommation », dit Archie Kaiser.

Six personnes par jour

De janvier à la fin novembre 2017, la police d’Halifax a arrêté et placé en cellules de dégrisement 1894 personnes. Ça représente en moyenne six personnes par jour ayant contrevenu à la loi de la Nouvelle-Écosse sur la réglementation de l’alcool. Des ambulanciers examinent les détenus ayant besoin d’une évaluation médicale.

Corey Rogers est mort dans une cellule de dégrisement de la police d'Halifax en juin 2016. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Corey Rogers est mort dans une cellule de dégrisement de la police d'Halifax en juin 2016.

Photo : Jeannette Rogers

Pour Archie Kaiser, les policiers devraient toujours choisir l’option la plus favorable à la santé de la personne en état d’ébriété. Il préférerait notamment que les agents appellent un proche qui pourrait s’en occuper, ou qu’ils l'envoient à un centre de traitement, tel qu’un centre de dégrisement.

Ces établissements existent dans quelques provinces. Les policiers y amènent les personnes saoules plutôt que les mettre en prison. Les personnes intoxiquées peuvent y être évaluées et profitent d’un abri et de nourriture, en plus d’avoir accès à d’autres services.

Une centaine de nuits en prison

Curtis Aitkens tente de mettre fin à sa dépendance à l’alcool depuis plusieurs années. L’homme de 37 ans, de Sydney au Cap-Breton, estime qu’il a dû passer une centaine de nuits en cellules de dégrisement.

« Elles m’ont probablement sauvé la vie, à plus d’une occasion », dit-il. Mais il déteste encore l’expérience de se réveiller dans une cellule froide, sale et solitaire, où il dit ressentir le mépris des policiers et de la société en général.

Il aurait aimé notamment avoir accès à des services de désintoxication, qui ne sont pas offerts dans un poste de police.

Avec les informations de CBC

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