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L’Université Bishop’s peine à recruter des apprentis brasseurs

Un étudiant verse une bière qu'il a lui-même fabriquée dans un verre, dans la microbrasserie artisanale.

Seulement cinq étudiants font partie de la deuxième cohorte du certificat en science brassicole de l'Université Bishop's.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a un an, l'Université Bishop's a lancé en grande pompe un tout nouveau certificat en science brassicole. Entre des cours sur le houblon et le malt, les étudiants sont initiés à toutes les étapes de fabrication de la bière. Malgré la popularité des microbrasseries qui grimpe en flèche, le programme peine à recruter des apprentis brasseurs.

Un texte de Marion Bérubé

Les effluves de houblon sautent illico aux narines dans la microbrasserie expérimentale de l'Université. Dans une salle anonyme du département de chimie, les cuves monopolisent tout l’espace du petit laboratoire.

Ici, tout est permis. Les étudiants du certificat en science brassicole s’en donnent à coeur joie pour inventer des saveurs toutes plus variées les unes que les autres. « J’ai essayé quelque chose de vraiment bizarre, relate l’un d’eux, Andrew Brebner. J’ai fait une bière salée. » L’une des bières les plus populaires demeure la stout au sirop d’érable et au whisky vendue au bar de l’Université, The Gait.

Trois bouteilles de bière sont côte à côte sur le comptoir de la micro-brasserie expérimentale de l'Université Bishop's.

Les étudiants laissent libre cours à leur imagination pour produire la bière vendue sur le campus. Parmi les plus populaires : une stout au whisky et au sirop d'érable.

Photo : Radio-Canada

Cette année, il n’y a que cinq étudiants inscrits sur une capacité de 20 élèves. « C’est bas, nous sommes un peu surpris de ça, admet la doyenne de la Faculté des arts et des sciences, Michele Murray. Je pense que nous avons besoin de faire plus de promotion. »

Les cinq étudiants détiennent obligatoirement un baccalauréat en science, un prérequis pour faire partie du programme.

Il y a quand même une restriction importante. J'aimerais qu'on développe un baccalauréat. Les étudiants pourraient venir directement du cégep ou des écoles secondaires dans les autres provinces et faire un bac.

Alexandre Drouin, directeur par intérim du département de chimie à l'Université Bishop's

Pourtant, le programme est unique en soi. Les étudiants de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke produisent bel et bien leur propre bière au sein de Sherbroue, mais l’initiative est réalisée durant leur temps libre. Hors campus, l’Institut brassicole du Québec offre des classes pour les brasseurs amateurs et des cours de quatre semaines pour ceux désirant se lancer en affaires. Dans la région, seule l’Université Bishop offre un certificat universitaire en bonne et due forme.

La popularité des microbrasseries ne fléchit pas. D'après l'Association des microbrasseries du Québec, 74 nouvelles entreprises brassicoles ont vu le jour dans la province entre 2011 et 2017. En 2015, l'association évaluait à 3800 emplois directs liés à l'industrie des microbrasseries.

Des débouchés pétillants

Giovanni Venditti fait partie des 12 premiers diplômés du certificat en science brassicole à l'Université Bishop's. Un an plus tard, il se consacre à temps plein à superviser la seconde cohorte, mais parle avec émotion de ses anciens coéquipiers. Certains sont maîtres brasseurs à Matane et à Toronto, entre autres. « On a même quelqu’un qui travaille aux îles Caïman », s’exclame-t-il.

Vêtu de son sarrau, le superviseur Giovanni Venditti goutte une bière fabriquée par un des étudiants du certificat en science brassicole.

Giovanni Venditti est lui-même diplômé de la première cohorte en science brassicole. Il supervise les cinq nouveaux étudiants dans la microbrasserie expérimentale.

Photo : Radio-Canada

Revêtant fièrement leur sarrau blanc, les brasseurs en herbe rêvent d’exporter leurs bières à plus grande échelle. « J’aimerais avoir ma propre microbrasserie au Yukon, d’où je viens », confie William Parker. « J’aimerais être brasseur dans une brasserie déjà établie », renchérit Andrew Brebner.

Giovanni Venditti a des projets plein la tête pour ses poulains. Il est en pourparlers avec des microbrasseries du coin pour envoyer ses cinq protégés en stage à la fin du programme, en mai prochain.

Dès janvier, les étudiants auront accès à de toutes nouvelles cuves pour produire 1300 litres de bière par mois. Giovanni Venditti caresse le rêve de commercialiser les boissons hors des murs de la microbrasserie. Un projet qui, selon, lui pourrait se réaliser dès 2018.

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