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Les pigeons comprennent des concepts abstraits

Un pigeon
Les pigeons ont six fois plus de cellules nerveuses dans le cerveau que les humains par millilitre cubique. Photo: Université d’Iowa/Kathryn Gamble.

Les pigeons ont peut-être des cervelles d'oiseau, mais ils sont capables de comprendre des concepts abstraits comme l'espace et le temps, démontrent des expériences menées aux États-Unis.

Un texte d'Alain Labelle

Ils utiliseraient cependant une région différente du cerveau que les humains et les primates pour y arriver.

Ces travaux s’ajoutent à d’autres qui montrent que des espèces animales d'ordre inférieur, telles que les oiseaux, les reptiles et les poissons, sont capables de prendre des décisions abstraites de haut niveau.

Les prouesses cognitives des oiseaux sont aujourd'hui de plus en plus considérées comme proches de celles des humains et d'autres primates.

Pr Edward Wasserman, Université d’Iowa

En septembre dernier, des chercheurs allemands avaient montré que les pigeons étaient capables de basculer d'une tâche à l'autre aussi rapidement que les humains, et même plus rapidement dans certaines situations. En 2011, des collègues néo-zélandais avaient établi qu'ils étaient capables de classer des ensembles par rapport au nombre d'éléments qu'ils contiennent.

Dans la présente expérience menée par le Pr Edward Wasserman et son équipe de l’Université d’Iowa, des pigeons devaient, à partir d’un écran d'ordinateur, juger de la longueur de lignes horizontales statiques et du temps où elles avaient été visibles à leurs yeux.

Les pigeons ont jugé que les lignes les plus longues étaient visibles plus longtemps et que les lignes visibles sur une plus longue période étaient également plus longues.

Cela signifie, selon les chercheurs, que les pigeons utilisent une partie commune du cerveau pour juger l'espace et le temps, ce qui laisse penser que ces concepts abstraits ne sont pas traités séparément. Des résultats similaires sont observés aussi chez les humains et d'autres primates.

Le saviez-vous?

Les pigeons ont six fois plus de cellules nerveuses dans le cerveau que les humains par millilitre cubique. Par conséquent, la distance moyenne entre deux neurones des pigeons est 50 % plus courte que chez les humains.

Un pigeonLes prouesses cognitives des oiseaux sont aujourd'hui considérées de plus en plus proches de celles des humains et des autres primates, affirment les chercheurs. Photo : iStock / suriya silsaksom

Au cours de sa carrière, le Pr Wasserman a étudié l’intelligence de plusieurs autres animaux, comme le corbeau et les babouins.

Les humains perçoivent l'espace et le temps, même sans l'aide d'inventions comme la montre ou la règle. La région du cerveau qui aide les humains à rendre ces concepts abstraits plus tangibles est le lobe pariétal, qui fait partie du cortex cérébral et qui est impliqué dans le traitement de l’information lié à la vision, au toucher, et à l'audition. Cette zone du cerveau est également reconnue pour être le lieu de processus cognitifs complexes, comprenant la parole et la prise de décision.

Le hic, c’est que le pigeon n’a pas de lobe pariétal proprement dit. Il doit donc utiliser une autre partie du cerveau pour distinguer l'espace et le temps. Il existe peut-être, avancent les chercheurs, un mécanisme évolutif commun aux systèmes nerveux centraux des primates et des oiseaux primitifs.

Les chercheurs tenteront de répondre à ces questions dans les prochains mois.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Current Biology (Nouvelle fenêtre).

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