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Des femmes en petite tenue pour amasser des fonds

Des hommes sont assis à des tables et regardent des femmes en sous-vêtements défiler sur une scène centrale.

Le club organisait son 36e Boys Lunch Out dans une salle de banquet à la place TCU, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Radio-Canada

Le club privé d'hommes d'affaires Club Progrès du Canada, de Saskatoon, a agrémenté sa soirée annuelle de collecte de fonds la semaine dernière de danseuses en petite tenue sur des allées surélevées.

Le club organisait son 36e Boys Lunch Out dans une salle de banquet à la place TCU, vendredi.

Un journaliste de CBC était sur les lieux pendant environ 5 minutes et a pu tourner une courte vidéo avant d'être expulsé. Dans la vidéo, on voit une douzaine de femmes en sous-vêtements dansant au rythme de la musique.

Une soirée très lucrative

Russell Storring, un homme qui a participé à la rencontre, a contacté CBC par la suite.

Je ne savais pas que ça allait être comme ça. Je ne veux pas aller à une soirée caritative et y voir des femmes traitées comme des objets et sexualisées.

Russell Storring, participant

Lorsque M. Storring a quitté la soirée, 90 000 $ avaient été amassés grâce à la vente de billets, des tirages de prix et des ventes aux enchères d’activités telles que piloter des voitures de course, assister au match des étoiles de la Ligue nationale de hockey ou encore un voyage à Las Vegas.

Une table régulière à la soirée coûtait près de 1000 $ tandis qu’une table d'honneur, d'où on pouvait mieux voir les danseuses, coûtait 3675 $.

Déjà en 2015, le club s’était attiré des critiques après avoir publié sur son site Internet une image promotionnelle osée.

Aider les gens dans le besoin

Le Club Progrès dresse la liste d’une vingtaine d’organismes de bienfaisance qu’il soutient, notamment en organisant des soirées. Le club dit avoir comme mission « d’aider les gens dans le besoin, surtout les enfants ».

Plusieurs organismes qui ont droit à du financement du club disent avoir été surpris de la façon dont les fonds sont collectés.

Je n’étais pas au courant de cela. Ce n’est certainement pas conforme à nos valeurs.

Carm Michalenko, directrice de la Fondation communautaire de Saskatoon

Des dons rendus

La fondation de l’hôpital Saint-Paul a annoncé qu’elle reverserait les 25 000 $ qu’elle a perçus lors de cette soirée. En début de journée, mardi, le président de la fondation Bruce Acton s’était pourtant dit reconnaissant envers le club : « Ce n’est pas à nous de juger sa façon de collecter des fonds », avait-il affirmé.

La directrice de la Fondation communautaire de Saskatoon, qui a perçu plus de 50 000 $, s’est dite surprise. « Je pensais que nous avions franchi une étape dans notre société », a-t-elle affirmé.

Une école catholique de Saskatoon a également reçu beaucoup d’argent du Club. Aucun membre de la Division scolaire catholique de Saskatoon n’a voulu accorder d’entrevue. Par courriel, cependant, un responsable a fait savoir que la Division était préoccupée par l’évènement et préférait en discuter directement avec le club.

« Contradiction » et « hypocrisie »

La directrice du département d’études féminines et de genre de l’Université de Saskatchewan, Marie Lovrod, a décrit la soirée comme « contradictoire » et « hypocrite ».

« On vient à la rescousse de certains et on traite d’autres comme des objets », a-t-elle dénoncé.

Marie Lovrod soulève aussi un problème de dynamique de pouvoir de l’organisation. Selon elle, les participants traitent les femmes comme des attractions, alors qu’ils ont un pouvoir énorme sur les organismes de bienfaisance.

C’est pour cela que les organismes ne commenteront pas ou appelleront cela tout simplement un défilé de mode. Il est difficile pour ceux qui dépendent de cet argent de dire quoi que ce soit.

Marie Lovrod, directrice du département d'études féminines et du genre, Université de la Saskatchewan

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