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Langues officielles : des sénateurs émettent des doutes sur l'approche de Raymond Théberge

Raymond Théberge.

Raymond Théberge est le candidat du gouvernement fédéral pour occuper le poste de commissaire aux langues officielles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le candidat choisi par Justin Trudeau pour occuper le poste de commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, affirme que la question linguistique « n'occupe pas sa place sur l'agenda public » et que le commissaire devra travailler avec les parlementaires et des réseaux communautaires « pour faire avancer le concept de dualité comme une valeur ajoutée ».

M. Théberge a fait sursauter le sénateur libéral indépendant Serge Joyal lorsqu'il a répété à trois reprises lundi soir que la dualité linguistique, qui est le principe d'égalité entre les deux communautés linguistiques au Canada, était une « valeur ajoutée » dans la société canadienne.

Le candidat du gouvernement libéral, qui est présentement recteur de l'Université de Moncton, répondait alors à la question de la sénatrice franco-albertaine Claudette Tardif, qui lui demandait quels moyens il comptait prendre pour ramener le dossier des langues officielles dans le débat public.

« Le rôle du commissaire est de s'assurer de travailler auprès des décideurs, de faire des revendications auprès des décideurs pour s'assurer que les langues officielles reprennent la place qui leur mérite au sein de l'agenda public », a-t-il précisé.

« [Le concept de dualité] est quelque chose qui ajoute à l'identité canadienne. »

— Une citation de  Raymond Théberge

La dualité linguistique, c'est quoi?

« On entend par dualité linguistique la présence de deux groupes linguistiques majoritaires qui coexistent dans un pays où les communautés de langue minoritaire sont réparties sur tout le territoire. La diversité culturelle et la dualité linguistique sont deux valeurs fondamentales complémentaires qui caractérisent l'identité des Canadiennes et des Canadiens. »

Source : Commissariat aux langues officielles du Canada

Or, quelques minutes plus tard, le sénateur québécois Serge Joyal a fait remarquer au candidat Théberge que la dualité n'était pas seulement « une valeur ajoutée ».

« Vous présentez l'égalité linguistique au Canada comme une valeur ajoutée. Je suis obligé de vous dire que l'égalité linguistique est un droit », a lancé M. Joyal avant de s'engager dans un exposé où il laissait entendre que son interlocuteur n'avait pas tout le mordant que doit avoir cet agent du Parlement.

Le sénateur Joyal a pressé le candidat, en citant notamment un éditorial du quotidien néo-brunswickois Acadie Nouvelle, sur sa réelle volonté et s'il avait la capacité nécessaire pour exercer les fonctions de commissaire aux langues officielles.

« Ce qui est important, c'est de faire avancer les dossiers. Le style, c'est une chose, mais le résultat, c'est plus important. Et l'Université de Moncton est plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a cinq ans », a notamment déclaré M. Théberge durant sa comparution.

« On peut aller deux ou trois fois aux barricades, puis on ne nous écoute plus. »

— Une citation de  Raymond Théberge, candidat au poste de commissaire aux langues officielles

La ministre Joly ne presse pas les parlementaires

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, à la Chambre des communes le 31 octobre 2017.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly à la Chambre des communes le 31 octobre 2017

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Lundi, la ministre du Patrimoine et responsable des langues officielles, Mélanie Joly, n'a pas précisé si elle souhaitait que la candidature de M. Théberge soit adoptée dans les plus brefs délais, avant le congé du temps des Fêtes.

« Bien entendu, le processus est entre les mains du Sénat et de la Chambre des communes, alors je veux pas donner quelconque conclusion préalable, mais il va de soi qu'on est convaincus qu'on a un très bon candidat », a-t-elle dit.

Mardi, ce sera la Chambre des communes que Raymond Théberge devra convaincre. Il devra ainsi passer devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre basse entre 15 h 30 et 17 h 30.

Si sa nomination est confirmée, Raymond Théberge deviendra le premier commissaire aux langues officielles originaire de l'Ouest canadien et le premier de l'extérieur du Québec et de l'Ontario.

Les membres de la Chambre haute ont questionné M. Théberge pendant 90 minutes. Le candidat a reconnu que ce serait « un travail à long terme avant qu'on arrive à un statut égal entre les deux langues » et que l'on était « très, très loin » de « cet idéal ». Sa comparution devant la Chambre haute était moins houleuse que celle à laquelle avait pris part la première candidate sur laquelle le gouvernement avait jeté son dévolu. Le candidat Théberge a eu droit à un accueil somme toute assez favorable de la part d'une majorité de sénateurs.

Les sénateurs, toutes allégeances confondues, avaient questionné sévèrement Madeleine Meilleur en juin dernier, consacrant une bonne partie de la séance à scruter ses liens partisans avec les libéraux.

Le lendemain, face à la perspective bien réelle d'un blocage de sa nomination au Sénat, elle avait écrit à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, pour lui annoncer qu'elle rendait les armes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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