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« Les héros du sport »: Une carrière en gymnastique malgré une condition particulière

Radio-Canada

La gymnaste Marilou Gosselin poursuit son rêve de faire de la gymnastique depuis de nombreuses années. Lorsqu'elle a commencé à pratiquer son sport, à l'âge de trois ans, rares sont ceux qui croyaient qu'elle pourrait faire de la compétition à un haut niveau.

Un texte de Jonathan Jobin

La jeune fille souffre d'une condition médicale qui complique sa vie d'athlète : l'hyperflexibilité. Cette condition fait en sorte qu'elle est plus flexible que la moyenne, mais qu'elle a une musculature moins développée que les autres athlètes de son âge.

« On peut voir ça comme un avantage pour le saut, mais aux barres mes bras ne sont pas assez forts pour faire certains mouvements », raconte Marilou, qui se classe maintenant dans la catégorie JO 10, la plus élevée avant les Jeux olympiques.

L'athlète n'était pas la plus douée lors de ses premières années dans sa discipline, si bien qu'elle a même été exclue des programmes compétitifs dans son enfance. « Je me demandais pourquoi je ne peux pas faire ça. C'est ça que je voulais faire et j'ai passé plus d'un an à faire de la gymnastique sans compétitionner. J'étais trop jeune pour aller dans un programme plus élevé », poursuit Marilou.

Son hyperflexibilité l'a obligée à travailler plus fort. « Au niveau des coudes et des genoux, il y a des éléments qu'on ne peut pas atteindre aux barres.

Normalement, ces gymnastes n'ont pas le même cheminement que les autres », explique Judith Tremblay son entraîneuse au club Unigym. Le club a fait beaucoup de travail avec l'athlète notamment en musculation, pour protéger ses articulations et la rendre plus forte.

Convaincue de son potentiel, la gymnaste n'a pas écouté les critiques autour d'elle et s'est concentrée sur son sport préféré. « J'ai vu que des gens avaient plus de facilités que moi, mais je voulais être bonne comme eux. Ma mère me disait toujours que si je voulais faire comme eux, je devais travailler deux fois plus fort. C'est que je fais encore aujourd'hui », dit Marilou, sourire en coin.

Personnifier la plus grande gymnaste

Marilou Gosselin et Nadia Comaneci

Marilou Gosselin et Nadia Comaneci

Photo : Courtoisie

L'ascension de la jeune fille lui a aussi permis de vivre une expérience inoubliable l'an dernier. Pour les commémorations des Jeux olympiques de 1976, Marilou a été choisie parmi des centaines de gymnastes pour personnifier Nadia Comaneci.

« Pour les gymnastes, Nadia Comaneci représente la perfection. Quand j'ai su que je pouvais personnifier une gymnaste qui représentait la perfection, j'étais vraiment excitée, c'était une belle expérience », relate Marilou avec passion.

Elle a même eu la chance de rencontrer son idole lors d'une compétition aux États-Unis. Marilou n'a toutefois pas révélé à la Roumaine qu'elle jouait son rôle dans une vidéo, trop gênée. Elle garde toutefois précieusement le maillot qui lui a permis de jouer Comaneci.

Après tant d'années de travail et de persévérance, Marilou Gosselin sert maintenant de modèles à plusieurs gymnastes.

Son parcours atypique est maintenant bien connu chez Unigym. « Marilou a une super tête, même si des fois le gabarit tire un peu de la patte. C'est inspirant pour les autres filles du groupe », signale son entraîneuse.

Marilou Gosselin souhaite participer aux Championnats nationaux le printemps prochain. Mais, plus que d'atteindre un niveau précis, la jeune gymnaste souhaite surtout continuer de surprendre ceux qui ne croient pas en elle.

Ottawa-Gatineau

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