•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Michèle Audette fait le bilan des audiences de l'Enquête nationale à Maliotenam

Michèle Audette, commissaire à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.
Michèle Audette, commissaire à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La commissaire à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) Michèle Audette a fait le bilan des audiences de Maliotenam, lundi, sur les ondes de Bonjour la Côte.

Un texte d'Émile Duchesne

Les témoignages entendus par l'ENFFADA étaient traumatisants et bouleversants, selon Michèle Audette. Étant la seule commissaire originaire de la Côte-Nord, elle pouvait facilement faire des liens entre les témoignages de plusieurs femmes.

Elles ont eu toute mon admiration et j’étais contente que mes collègues voient d’où je viens, qu’est-ce qui se passe chez nous et qu’est-ce qu’on va devoir faire.

Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA

L'ENFFADA avait été beaucoup critiquée dans les médias et Michèle Audette explique qu'il a fallu rassurer les femmes sur le sérieux de l'enquête. « Les femmes avaient eu peur de s'exprimer. Une par une, on les appelait et on les rassurait. »

La commissaire Michèle Audette en entrevue à l'hôtel Sheraton Cavalier de SaskatoonLa commissaire Michèle Audette Photo : Radio-Canada

On est ébranlés par les critiques, mais regardez, y a des épinettes qui sont encore droites comme ça ne se peut pas, pis on va se rendre.

Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA

Soutenir les victimes

Selon Michèle Audette, l'Enquête nationale fait du bien aux femmes qui témoignent : « Elles nous disent partout "merci ça m’a fait du bien, je sens une délivrance, un processus de guérison qui commence". On se sent toujours stressé avant l’audience et, tout de suite après, on se sent libéré de quelque chose. »

La commissaire estime qu'il est important que les femmes qui témoignent à l'ENFFADA soient soutenues par leur communauté et les services sociaux après leur passage aux audiences. Michèle Audette aurait voulu que Santé Canada offre le même programme qui avait été conçu pour soutenir les personnes qui avaient témoigné des traumatismes dus aux pensionnats autochtones.

Il y a un programme qui existe, il y a une structure qui est en place, c’est juste en train de dormir. Il faudrait lui donner un second souffle pour justement accueillir toutes ces femmes-là.

Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA
Les trois commissaires sont assis et écoutent les témoignages d'une famille endeuillée.Une cinquantaine de familles de la Côte-Nord ont témoigné lors des audiences tenues à Maliotenam. Photo : Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Quel avenir pour l'Enquête nationale?

Si les inquiétudes sur les suites de l'Enquête persistent de part et d'autre, Michèle Audette estime que la balle est dans le camp des gouvernements et que beaucoup de mesures pourraient être implantées dès maintenant.

Les gouvernements, les municipalités, les gouvernements autochtones peuvent déjà mettre en œuvre des recommandations qui existaient avant l’enquête nationale. Il y a plein de solutions qui sont sur des tablettes.

Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA

Michèle Audette invite la population à agir et à ne pas être aveugle devant des cas de violences faites aux femmes autochtones. « Enquête ou pas enquête, on ne doit pas devenir des témoins pis après ça des complices en regardant un acte criminel ».

Un Innu joue du tambour traditionnel.Les témoignages ont été entrecoupés de cérémonies traditionnelles innues. Photo : Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

L'équipe de l'ENFFADA s'est dirigée à Thunder Bay lundi pour ouvrir une nouvelle semaine d'audiences.

On est déjà en train de rêver pour les prochaines audiences cet hiver et au printemps.

Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA

Autochtones

Société