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Une étude de HEC Montréal critique la faible productivité à Loto-Québec

Un logo circulaire bleu et blanc, sous lequel on peut lire Loto Québec, est photographié devant un gratte-ciel.

Le siège social de Loto-Québec à Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La capacité de Loto-Québec à dégager des bénéfices a été partiellement minée par un problème de productivité, selon une étude publiée lundi par HEC Montréal.

Les états financiers de Loto-Québec montrent que sa capacité à dégager des bénéfices a été fragilisée par un contexte difficile, signalent les auteurs de l'étude.

Or, Loto-Québec n'a pas été en mesure d'atténuer la pression sur sa rentabilité par des gains de productivité.

L'étude constate que la société d'État dégage un bénéfice net réel largement inférieur à celui affiché au milieu des années 2000, ce qui crée un important manque à gagner pour le gouvernement du Québec, à qui il est reproché d'avoir tardé à intervenir.

Après une période de croissance exceptionnelle, le bénéfice net réel de Loto-Québec s’est effrité au cours des années 2000 et au terme de dix années de décroissance pratiquement ininterrompue, le bénéfice avait fondu de 35 %.

Extrait de l'étude Productivité dans le secteur public québécois : Loto-Québec

Selon les auteurs de l'étude, l’exploitation des appareils de loterie vidéo et l'ouverture de casinos ont largement contribué à la hausse des revenus de Loto-Québec dans les années 1990 et au début des années 2000.

Durant cette période, notent les chercheurs, les machines à sous généraient à elles seules plus de la moitié du bénéfice net réel de la société d’État.

L'expansion de la société d'État était telle que les effectifs de Loto-Québec sont passés de 4466 employés en 1992 à près de 7000 au début des années 2000, note l'étude.

Une longue décroissance

« Après avoir dégagé un bénéfice net réel record de 1,9 milliard de dollars en 2005 – l’équivalent du tiers des revenus nets prélevés auprès des entreprises en vertu de l’impôt des sociétés – la rentabilité de la société d’État n’a pratiquement pas cessé de décroître », peut-on lire dans l'étude.

D’après les auteurs, la décroissance à Loto-Québec a été induite par de mauvaises décisions combinées à un ralentissement de la demande de Québécois pour les jeux de hasard.

Selon l’hypothèse formulée, Loto-Québec, qui avait connu un important succès en prenant le contrôle des machines de loterie vidéo et en ouvrant des casinos s’est retrouvée confrontée à une pression populaire croissante face aux problèmes de jeu pathologique engendré par cette augmentation de l'offre.

Or, c’est en tentant de s’attaquer au problème que Loto-Québec et le gouvernement auraient fragilisé les bénéfices de la société d’État, notamment en limitant l’expansion de ses activités, mais aussi en retirant des milliers d’appareils de loterie vidéo de la circulation.

La longue période de décroissance qui a suivi a ramené les ventes de Loto-Québec à pratiquement 30 % en dessous de ce qu'elles étaient dix ans plus tôt, soulignent les chercheurs.

Sur la base des rapports annuels déposés à chaque année par la société d’État, il apparaît que la productivité du travail de Loto-Québec n’a pratiquement pas cessé de décroître au cours des 15 dernières années. Désormais, son niveau de productivité est 20 %.

Extrait de l'étude Productivité dans le secteur public québécois : Loto-Québec

Coup de barre

HEC Montréal soutient qu'il a fallu attendre le plan stratégique 2014-2017 pour que la société d'État renverse la tendance avec une offre de divertissement novatrice et compétitive jumelée à une gestion efficace de ses ressources. Loto-Québec est alors parvenue à accroître sa productivité de 15 % en moins de deux ans.

Le directeur de l'étude, Robert Gagné, recommande au gouvernement du Québec de revoir ses exigences à l'égard de Loto-Québec s'il souhaite assurer une commercialisation responsable des jeux de hasard tout en maximisant ses revenus.

Avec les informations de La Presse canadienne

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