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La famille Lawrence expulsée du Canada

Des membres de la famille Lawrence à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, en attente de leur renvoi vers le Sri Lanka.

Des membres de la famille Lawrence à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, en attente de leur renvoi vers le Sri Lanka.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Malgré les soutiens politiques et les appels à la clémence, la famille sri-lankaise Lawrence a épuisé ses recours visant à obtenir le statut de réfugié. Les huit membres de la famille se sont rendus de leur propre chef à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal en après-midi. Leur avion a décollé à 20 h 15, en direction du Sri Lanka, avec une escale à Doha.

Un texte de Vincent Champagne

Les Lawrence ont désespérément attendu toute la journée une intervention de dernière minute de la part du ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, qui aurait pu utiliser son pouvoir discrétionnaire pour empêcher le renvoi.

Établie à Montréal depuis cinq ans, la famille Lawrence est dépeinte comme un modèle d’intégration, notamment par le ministre québécois de l’Immigration David Heurtel, qui lui a délivré des certificats de sélection.

Je me sens très mal [...] Toute la famille est vraiment atterrée.

Robert Lawrence, en entrevue téléphonique à Radio-Canada

Samedi, accompagnés de députés néo-démocrate, solidaire et péquiste, les Lawrence avaient lancé un cri du cœur pour éviter de quitter le pays où ils menaient des études et avaient des emplois.

En plus du père et de la mère Lawrence, quatre enfants, une belle-fille et un bébé de quatre mois ont dû faire leurs bagages. Le bébé, qui est Canadien, a obtenu un passeport à temps pour le voyage.

« Je n’ai rien là-bas », a ajouté M. Lawrence, avant de dire qu’il n’avait fait aucun plan pour le retour des siens au Sri Lanka.

L’une des filles du couple, Leony, qui s’exprime bien en français, souhaitait poursuivre ses études en médecine et de devenir oncologue, ce qui n’est pas possible dans son pays d’origine, selon elle.

La présidente de la commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon, l'avait décrite samedi comme une élève brillante.

« Une gifle du fédéral »

« Je suis sincèrement déçu », a reconnu Stéphane Handfield, l’avocat de la famille, en entrevue.

« C’était quand même une situation assez exceptionnelle de voir que le ministre québécois de l’Immigration est intervenu, qu’il a émis des certificats de sélection pour des considérations humanitaires. Il restait une formalité du côté du fédéral », a dit Me Handfield.

À mon avis, c’est une gifle que le fédéral fait au provincial.

Stéphane Handfield, avocat de la famille Lawrence

« Ça veut dire que peu importe le travail qui a été fait au dossier par le provincial, qui considère que ces gens-là devraient rester, le fédéral en décide autrement », déplore l’avocat spécialisé en droit de l’immigration.

Ce genre de situation est digne de l’époque du gouvernement conservateur de Stephen Harper, a estimé Me Handfield, selon qui « on vient de faire un grand pas en arrière ».

Stéphane Handfield raconte que plusieurs personnes ont recommandé à la famille de se réfugier dans une église, comme l’ont fait par le passé d’autres personnes faisant l'objet d'un renvoi.

Je sais qu’un curé les a rencontrés et leur a offert l’asile dans une église. Le père a dit non parce qu’il voulait respecter la loi. Pour lui, c’était clair qu’il fallait se soumettre à la décision des autorités.

Stéphane Handfield, avocat de la famille Lawrence

Pas d’intervention de Ralph Goodale

Le bureau du ministre Goodale a fait savoir qu’il ne formulait pas de commentaires sur des dossiers particuliers.

« Toute personne dont le renvoi du Canada a été ordonné bénéficie d’un traitement équitable devant la loi », a assuré Scott Bardsley, l’attaché de presse du ministre.

« Les personnes qui font l'objet d'une mesure de renvoi et qui allèguent un risque de torture ou un risque de traitement cruel ou de châtiment si elles sont renvoyées peuvent faire une demande relative à l'examen des risques avant renvoi, a-t-il ajouté. S'il est établi qu'une personne est à risque, elle n'est pas renvoyée. »

La famille Lawrence dit qu’elle a peur pour sa sécurité au Sri Lanka, un pays qu’elle a fui en 2012.

M. Lawrence est un ancien employé des Nations unies qui devait recueillir les témoignages d'actes de torture, a expliqué Me Handfield. Il avait reçu des menaces de mort à la suite des rapports qu'il devait rédiger, selon l'avocat.

Le député fédéral de Rosemont–La-Petite-Patrie, le néo-démocrate Alexandre Boulerice, a déploré la tournure des événements.

« Le gouvernement de JustinTrudeau a choisi d'ignorer notre appel et la famille Lawrence sera déportée. Les trois enfants sont un exemple d'intégration et de travail acharné. Je suis triste, mais j'espère que ce sera un au revoir », a-t-il écrit sur Twitter.

L'organisme de défense des droits de la personne Amnistie internationale demandait également à Ottawa de freiner leur expulsion.

Avec les informations de La Presse canadienne

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