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Québec lance un premier programme public de psychothérapie

Le reportage de Michel Marsolais

Le gouvernement du Québec a annoncé dimanche un investissement récurrent de 35 millions de dollars pour offrir un premier programme public de psychothérapie.

Lors d'une conférence de presse, dimanche matin, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a reconnu que le secteur des soins de santé mentale avait été « insuffisamment développé ».

Le nouveau programme québécois de psychothérapie « permettra d'avoir une couverture publique des soins couverts par des psychologues pour des gens souffrant de troubles mentaux », a-t-il précisé.

Le traitement de l'anxiété et de la dépression, par exemple, sera ainsi dorénavant couvert par ledit programme.

De fait, la nouvelle démarche gouvernementale vise à offrir une couverture médicale aux gens dont les problèmes dits « intermédiaires » - entre la consultation de première ligne et l'hospitalisation - n'étaient pas nécessairement pris en charge par le système de santé publique.

Des psychologues, des travailleurs sociaux et des infirmières, seront ainsi remboursés par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) pour leurs services auprès des personnes diagnostiquées.

Québec estime que la gamme annuelle de services toucherait environ 3 % de la population. Cela représentera, à terme, plus de 600 000 rendez-vous. Les services doivent être offerts tant en Groupe de médecine familiale (GMF) que dans des cabinets privés.

L'exemple britannique

Selon M. Barrette, la démarche du gouvernement Couillard s'inspire des méthodes mises en place depuis une décennie par le système de santé publique du Royaume-Uni.

Nous entrons maintenant dans une période de transformation de notre système pour mettre en place des approches structurées thérapeutiques.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le ministre a assuré que le personnel soignant recevrait « les ressources et la formation nécessaires » pour assurer les services annoncés, tout en mesurant l'effet de ces services.

Toujours d'après l'exemple britannique, le gouvernement Couillard s'engage à fournir les ressources nécessaires pour offrir des services adéquats à 3 % de la population, soit la proportion de gens ayant besoin d'une telle aide.

Au dire de M. Barrette, cela équivaut à environ 240 000 personnes au Québec.

Cela représentera, à terme, plus de 600 000 rendez-vous, dont environ 260 000 de haute intensité pour des personnes dont la condition est plus sévère, a-t-on indiqué.

« Le programme ne sera pas en place demain matin », a reconnu le ministre, qui parle de la nécessité d'établir d'abord les normes pratiques.

L'homme d'affaires Alexandre Taillefer, présent à l'annonce, a salué une annonce inattendue et inespérée, disant qu'« on commence à comprendre l'importance de mettre en place des programmes de psychothérapie ».

À l'Ordre des psychologues du Québec ainsi qu'à la Coalition pour l'accès à la psychothérapie, on se dit également satisfaits de cette annonce du ministre.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, a souligné qu'il restait à préciser les détails de la mise en application.

L'Ordre des psychologues va y mettre toute son expertise et sa collaboration. Il faut comprendre que les psychologues et les professionnels sont déjà formés à la psychothérapie, et que donc, on parle d'une formation inhérente au modèle que l'on veut implanter.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec

« J'espère, bien sûr, que ça va se passer en évitant toute dérive potentielle et j'espère que ça va se passer le plus rapidement possible. Cela dit, il est clair qu'aujourd'hui, on a une bonne nouvelle, car on sait qu'il va y avoir un élargissement de la couverture publique », a-t-elle ajouté.

Avec les informations de Diana Gonzalez

Avec les informations de La Presse canadienne

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