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Dix décès à Toronto cette année dus à une éclosion de streptocoque

Un streptocoque de groupe A
Un streptocoque de groupe A Photo: Associated Press / National Institute of Allergy and Infectious Diseases

Après London, où neuf personnes sont mortes en 2017 à cause d'une éclosion de streptocoque du groupe A, la santé publique de Toronto fait état de dix décès dus à la même bactérie dans la Ville Reine cette année.

L'agence indique que 115 cas d’infections par une forme invasive ou agressive de la bactérie ont été répertoriés depuis le début de l’année. Ce chiffre inclut une éclosion, de mars 2016 à octobre 2017, qui a fait un mort à Seaton House, l’un des plus grands foyers pour sans-abri de Toronto.

Le docteur Michael Finklestein, du Bureau de santé publique de Toronto, dit que dans les cas de streptocoques de type invasif, « la bactérie se retrouve dans des parties du corps où elle ne se trouve pas habituellement, comme dans le sang, sur les parois du cerveau et sur les articulations et qu'elle peut causer une maladie grave ».

Les professionnels de la santé se disent très inquiets du nombre de morts à Toronto.

Alors que la plupart des personnes qui sont infectées par la bactérie ont de la fièvre et mal à la gorge, des infections plus graves peuvent causer un syndrome de choc toxique ou une fasciite nécrosante (la maladie « mangeuse de chair »).

Le Dr Finklestein note que la proportion de décès en 2017, qui est de 11,5 %, est comparable à la moyenne des cinq dernières années, qui est de 13 %.

Les sans-abri sont les plus à risque

Le streptocoque du groupe A est une bactérie relativement commune, qui vit dans la bouche et le nez des individus.

L’Agence de la santé publique du Canada rapporte qu'elle peut se répandre facilement et, dans ses formes les plus virulentes, se propager par des blessures ouvertes et par des injections de drogues en intraveineuse.

Les professionnels de la santé notent aussi que la majorité des cas au pays semblent survenir dans les foyers de sans-abri.

Selon une infirmière de rue, Cathy Crowe, ces endroits sont souvent surpeuplés et l'hygiène y est mauvaise. « C’est honteux », dit-elle.

S’il y avait eu une éclosion dans une école secondaire, ou une maison de retraite, ou une garderie, quelque chose comme ça, il y aurait eu des communiqués, des alertes, et des mesures plus rapides.

Cathy Crowe, infirmière
L'infirmière de rue Cathy CroweL'infirmière de rue Cathy Crowe Photo : Radio-Canada

Réaction du ministre de la Santé

Le ministre de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Eric Hoskins, a dit aux médias jeudi que la province travaille avec les réseaux de santé locaux et les foyers pour s'assurer que la propagation des infections s'arrête.

« [Les personnes qui vivent dans des foyers] méritent, comme tout le monde, la meilleure qualité de soins. Mais ils sont souvent un groupe particulièrement à risque, alors nous travaillons avec eux pour éliminer ce risque », a-t-il dit.

Le Dr Finkelstein fait plusieurs recommandations :

  • laver ses mains constamment et maintenir une bonne hygiène;
  • couvrir les blessures et les soigner correctement;
  • tousser et éternuer dans des mouchoirs;
  • demander une aide médicale immédiate s’il y a des rougeurs ou des enflures;
  • éviter de partager les accessoires facilitant la consommation de drogues.

Toronto

Santé