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Une clinique pour les victimes de trafic d'êtres humains ouvrira à Ottawa

Un médecin prend les mains d'une patiente.

La clinique ouvrira en février dans le centre-ville d'Ottawa.

Photo : Getty Images / istockphoto

CBC.ca

Une nouvelle clinique pour les victimes de la traite de personnes ouvrira ses portes, en février, dans le centre-ville d'Ottawa. C'est une première du genre.

Selon Tara Leach, fondatrice de la clinique et infirmière praticienne, la clinique prendra soin des personnes piégées dans un cycle de violence, notamment le trafic sexuel et le travail forcé. Pour elle, il est essentiel de fournir des soins adaptés au traumatisme des patients qui ont été victimes de la traite de personnes.

« [L'objectif] est de fournir un espace sûr et un environnement dans lequel ils soient en confiance », a-t-elle expliqué.

Un rapport de la Coalition d'Ottawa pour l'élimination de la traite des êtres humains (OCEHT) datant de 2016 a identifié plusieurs obstacles auxquels sont confrontées les victimes lorsqu'elles accèdent au système de santé, notamment un manque de sensibilisation des professionnels de la santé et un manque de soins de longue durée.

Les victimes de traite ont seulement accès à des cliniques généralistes et à des salles d'urgence, a précisé Mme Leach, bien que ces services n'abordent souvent pas la racine de leurs problèmes.

Les gens accèdent aux cliniques ou salles d'urgence classiques et constatent que leurs besoins ne sont pas satisfaits.

Tara Leach, fondatrice de la clinique et infirmière praticienne

Une quarantaine de personnes sont déjà sur une liste d'attente. L'idée est aussi de ne pas forcer les personnes à quitter une situation de maltraitance pour pouvoir se faire soigner.

« L'approche est de rencontrer les gens là où ils sont », a-t-elle conclu.

Mme Leach a assuré que le personnel médical de la nouvelle clinique travaillera à renforcer la confiance des victimes, en répondant à leurs besoins de santé immédiats tels que les infections sexuellement transmissibles et la détresse psychologique, tout en gardant à l'esprit la cause profonde de leurs problèmes.

L'annonce d'une telle clinique a été reçue avec scepticisme de la part de Frédérique Chabot, porte-parole de POWER, un groupe de défense des droits des travailleuses du sexe à Ottawa. Elle croit que pour faciliter l'accès aux soins de santé, il faut d'abord décriminaliser la prostitution et séparer les concepts de trafic sexuel et de travail du sexe volontaire.

« Pour ce qui est du travail du sexe au Canada, on a beaucoup de travail à faire pour que les gens soient en sécurité. Juste dans les deux derniers mois, à Toronto, des personnes sont décédées dans l’industrie du sexe parce qu’elles travaillent dans des conditions qui ne sont absolument pas sécuritaires, parce qu’on continue de criminaliser, on continue de stigmatiser. Des programmes comme ça, ça ne répond pas au besoin absolument urgent d’avoir des interventions globales sur ce front-là », a avancé Mme Chabot.

Ottawa-Gatineau

Santé publique