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Montréal s'engage à contribuer à mettre fin à l’épidémie de sida

Environ 65 000 personnes vivent avec le VIH au Canada.

Photo : iStock

Radio-Canada

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a signé vendredi la déclaration de Paris contre le sida, par laquelle elle s'engage à ce que la Ville contribue à empêcher l'apparition de nouveaux cas d'infections au VIH, prévenir les décès dus au sida et lutter contre la stigmatisation des personnes affectées par la maladie.

Montréal devient ainsi la première ville canadienne à entériner cette déclaration, lancée en 2014, qui compte plus de 250 signataires dans le monde.

L’initiative, soutenue notamment par l’ONUSIDA, l’International Association of Providers of AIDS Care et ONU-Habitat, vise à mettre fin à l'épidémie de VIH/sida dans le monde d'ici 2030.

« C’est un objectif ambitieux, mais on a tous les outils pour le faire », indique Dr Réjean Thomas, fondateur de la Clinique médicale l'Actuel, spécialisée dans le dépistage et le traitement des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Les signataires de la déclaration aspirent d’ici 2020 à ce que 90 % des personnes séropositives soient dépistées, une proportion qui se situe actuellement entre 75 % et 80 %.

Elle vise également à ce que 90 % des personnes qui connaissent leur séropositivité soient soumises à un traitement antirétroviral, et que 90 % de ces patients traités « atteignent une charge virale indétectable », ce qui signifie qu'ils ne peuvent plus transmettre le virus, parce qu'il se retrouve en quantité très faible dans le sang.

Selon le Dr Thomas, si on arrive à réunir ces trois conditions, « la maladie va s’épuiser d’elle-même ».

Il y aura quand même de nouveaux cas, mais on pense que l’épidémie, on serait capable de la contrôler.

Le Dr Réjean Thomas, de la Clinique médicale l'Actuel

La déclaration est marquée par la volonté d’éviter la stigmatisation des personnes atteintes du sida, une chose essentielle selon le Dr Thomas, qui indique que c’est souvent cette stigmatisation qui pousse les gens à refuser d’aller chercher un diagnostic.

Réjean Thomas indique notamment que le quart des personnes nouvellement diagnostiquées l’an dernier au Québec étaient atteintes de la maladie depuis au moins 10 ans.

Moi, j’ai vu des gens se laisser mourir, ne pas vouloir être traités, ne pas vouloir être diagnostiqués, en raison du tabou lié à la maladie et à l’homosexualité.

Le Dr Réjean Thomas

Il précise que les personnes atteintes provenant de communautés culturelles où la maladie est particulièrement réprouvée, comme au Moyen-Orient où en Asie, sont plus enclines à agir de la sorte.

Le médecin explique qu’il n’y a plus de raison aujourd’hui de refuser le traitement qui est « relativement simple ».

« C’est un comprimé par jour. C’est des traitements bien tolérés comparés à la trithérapie de 1996, où les gens prenaient 20 à 30 comprimés par jour », dit-il.

Pourquoi les villes?

Le Dr Thomas affirme que les villes ont été choisies parce que la majorité des malades du sida s’y retrouvent.

Quant aux villes, justement, que peuvent-elles faire pour encourager leurs citoyens à rechercher un diagnostic et un traitement?

« Nous nous engageons à assurer un accès pérenne aux tests, au traitement et aux services de prévention. […] Nous allons utiliser tous les moyens à notre disposition, y compris administratifs et juridiques, pour traiter les facteurs qui rendent les personnes vulnérables au VIH. Nous travaillerons en étroite collaboration avec la société civile, les prestataires de services, les services administratifs, sociaux et judiciaires, et d’autres partenaires, ainsi que les populations marginalisées et vulnérables, […] pour construire et promouvoir la tolérance et combattre les inégalités qui les frappent », peut-on lire dans la déclaration.

Grand Montréal

Sida