•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump maintenant dans la ligne de mire du procureur Mueller

Photo prise le 18 octobre 2016 à Grand Junction, au Colorado. Donald Trump, alors candidat républicain à la présidence des États-Unis, fait des blagues avec l'ex-général Michael Flynn lors d'un rassemblement.
Photo prise le 18 octobre 2016 au Colorado. Donald Trump, alors candidat républicain à la présidence des États-Unis, fait des blagues avec l'ex-général Michael Flynn lors d'un rassemblement. Photo: Getty Images / George Frey
Radio-Canada

Le président des États-Unis, Donald Trump, crie sur tous les toits que l'enquête sur la Russie du procureur spécial Robert Mueller est une farce et une chasse aux sorcières qui ne va nulle part.

Une analyse de Christian Latreille, correspondant à Washington

L’inculpation vendredi de l’ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, démontre que le procureur Mueller ne blague pas et commence de plus en plus à savoir où il va.

M. Flynn est tombé dans la toile que tisse lentement et minutieusement le procureur spécial, dont l’enquête tente de démontrer qu’il y a eu collusion entre les proches de Donald Trump et le gouvernement russe durant la campagne présidentielle de 2016.

Des accusations beaucoup plus graves attendaient Michael Flynn s’il avait refusé de collaborer avec l’équipe de Robert Mueller.

M. Flynn a plaidé coupable d’avoir menti à des agents du FBI au sujet du contenu de ses rencontres avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kislyak. Il est passible de cinq ans de prison.

Ces rencontres et des conversations ont eu lieu avant même que Michael Flynn ne soit nommé officiellement par M. Trump.

Général à la retraite, M. Flynn a abordé la question des sanctions américaines contre la Russie avec l’ambassadeur Kislyak.

Un homme qui en sait beaucoup

Jusqu’à maintenant, quatre collaborateurs de l’actuel président ont été accusés, dont deux ont accepté de collaborer avec le procureur spécial.

M. Flynn en sait probablement beaucoup. Beaucoup trop au goût de Donald Trump, qui a tout fait pour convaincre l’ex-directeur du FBI James Comey de ne pas enquêter sur son ancien collaborateur.

« C’est un bon gars », avait dit Donald Trump à M. Comey, le 14 février dernier, en référence à Michael Flynn.

Le président a même congédié James Comey, qui a refusé de cesser son enquête sur M. Flynn et sur la collusion avec la Russie, ce que plusieurs ont interprété comme une tentative d’entrave à une enquête criminelle.

Michael Flynn a été non seulement le principal conseiller de Donald Trump en politique étrangère, mais aussi son plus proche compagnon de voyage durant la campagne.

Mais aujourd’hui, Michael Flynn ne doit plus rien à personne et tente de sauver sa peau.

Trump, la prochaine cible?

En acceptant de collaborer avec le procureur Mueller, l’ex-conseiller à la sécurité nationale ouvre de tout nouveaux horizons à cette enquête. M. Flynn était au coeur de l’organisation de la campagne de Donald Trump.

Que sait-il sur les véritables liens de l’actuel procureur général, Jeff Sessions, du gendre du président, Jared Kushner, et du président lui-même avec les Russes?

L’équipe de Robert Mueller a accepté un plaidoyer de culpabilité de Michael Flynn en échange d’un plus gros poisson.

La prochaine cible de M. Mueller pourrait être nul autre que le président lui-même.

Avant de se rétracter tard en soirée, le réseau ABC avait soutenu vendredi matin que M. Flynn était prêt à témoigner que Donald Trump lui avait demandé d’entrer en contact avec les Russes durant la campagne.

Les républicains et le président devaient donc fulminer, vendredi, alors qu’ils tentaient désespérément de faire adopter une réforme de la fiscalité.

Malheureusement pour eux, les projecteurs sont braqués sur Michael Flynn et non sur ce qui pourrait devenir la première loi majeure adoptée par l’administration Trump.

Donald Trump et son entourage ne peuvent plus maintenant qualifier l’enquête sur la Russie de bancale. L’argument des fausses nouvelles devient spécieux.

L’enquête Mueller vient de franchir les portes de la Maison-Blanche avec des faits bel et bien réels qui pourraient, un jour, directement menacer la survie politique du président des États-Unis.

International