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La lutte contre la pauvreté souffre d'un manque de volonté politique, déplore le Collectif

Une personne chaussant des souliers troués.

Une personne sur dix n'arrive pas à couvrir ses besoins de base au Québec.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours du 15e anniversaire de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion, le Collectif pour un Québec sans pauvreté déplore le manque de volonté politique des gouvernements pour faire reculer la pauvreté dans la province.

Or, la pauvreté n’a pas reculé au Québec depuis 15 ans, selon le porte-parole du Collectif, Serge Petitclerc. « Une personne sur dix ne couvre toujours pas ses besoins de base », déplore-t-il. Si l’État a amélioré son soutien aux familles avec des enfants, « les couples sans enfants et les personnes seules ont été abandonnés », selon lui.

Appuyé par le Parti québécois et Québec solidaire, M. Petitclerc déplore que deux ans se sont écoulés sans que les libéraux ne déposent le troisième plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement du Québec depuis l’entrée en vigueur de la loi.

On ne croit pas que l’échec, c’est la loi elle-même, ce sont les deux plans d’action qu’on a mis en place depuis 2004.

Une citation de : Serge Petitclerc

« On a tardé à déposer le troisième plan de lutte », dénonce la députée de Québec solidaire, Manon Massé. « Ça, c’est comme si on disait à ces personnes-là : vous [n']êtes tellement pas importants, c’est tellement pas grave ce que vous vivez […] qu’on va retarder nos enlignements, nos actions pour vous sortir de la pauvreté ».

Le député du Parti québécois Harold Lebel reproche quant à lui au gouvernement de retarder le dépôt de son plan de lutte pour le faire coïncider avec le temps des Fêtes.

Il reproche au gouvernement de miser sur l’image qu’il laissera dans l’esprit de la population, plutôt que sur son contenu.

« Probablement qu’il ne le déposera pas la semaine prochaine, il va attendre que la session soit finie, dénonce le député de Rimouski. Il va nous déposer ça dans l’atmosphère des Fêtes ou des guignolées pour nous montrer le bon gouvernement qui vient lutter contre la pauvreté. Ça n’a pas de maudit bon sens. Ça frise l’arrogance. »

« Je demande que le plan de lutte soit déposé rapidement pour qu’on puisse poser des questions ici, à l’Assemblée nationale, pour qu’on puisse aller au fond des choses », ajoute M. Lebel.

Porte-parole de QS, Manon Massé estime que le gouvernement de Philippe Couillard - en plus de n’avoir rien fait pour lutter contre la pauvreté – a contribué à affaiblir cette frange de la société, déjà fragile.

Durant ces deux ans-là, le ministre a adopté une loi qui fragilise encore plus les personnes vulnérables, qui exclut encore plus les personnes qui sont à la marge de notre société.

Une citation de : Manon Massé

Mme Massé faisait ainsi référence au projet de loi 70, adopté le 10 novembre dernier, qui prévoit d’importantes pénalités financières pour les nouveaux demandeurs d’aide sociale qui refuseront de chercher un emploi et de s’inscrire au programme Objectif Emploi. Ces demandeurs verront leur chèque passer de 623 $ par mois à 399$.

Le gouvernement veut ainsi pousser à l'action les quelque 17 000 Québécois sans contrainte au travail qui, chaque année, présentent une demande d’aide sociale. Le gouvernement compte ainsi économiser 50 millions de dollars par année.

« C’est vraiment décevant, parce qu’on avait un rêve, on avait un rêve d’être fiers de notre Québec, d’être fiers de ce Québec riche, ajoute Mme Massé. « Parce que oui, il est riche [le Québec], lorsqu’on arrête de laisser fuir l’argent dans les paradis fiscaux. Ils [les gouvernements] ont fait d’autres choix. »

Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a reçu le rapport d’un groupe d’experts qu’il avait mandaté pour lui faire des recommandations devant l’aider à élaborer son plan de lutte contre la pauvreté. Les experts avaient écarté l’idée d’un revenu minimum garanti.

Les experts proposent plutôt une nouvelle façon de calculer l’aide sociale, tout en s’assurant d’inciter les gens à travailler. Il s’agit d’instaurer un seuil de référence établi en fonction de la mesure du panier de consommation (MPC), qui représente le coût des besoins de base (nourriture, logement, transport, etc.

Le gouvernement entend sortir 100 000 personnes de la pauvreté avec son plan de lutte contre la pauvreté. Le ministre Blais n'a pas donné d'échéancier pour la livraison de son plan de lutte contre la pauvreté.

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