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L'Assemblée nationale prône l'abandon du « bonjour, hi » dans les commerces

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, tient des feuilles jaunes dans ses mains lors de la période de questions à Québec. Il discute de la motion déposée par son parti, jeudi à l'Assemblée nationale, sur l'abandon de la formule d'accueil « bonjour, "hi" » dans les commerces québécois.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, discute de la motion déposée par son parti, jeudi à l'Assemblée nationale, sur l'abandon de la formule d'accueil « bonjour, "hi" » dans les commerces québécois.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Assemblée nationale du Québec a voté à l'unanimité pour une motion, jeudi, qui réclame que le mot « bonjour », seul, devienne la formule d'accueil utilisée dans les commerces. Le libellé de la motion déposée par le Parti québécois a toutefois dû être négocié durant la période des questions.

Selon la motion déposée devant les élus, l'Assemblée nationale doit prendre « acte que 94 % des résidents du Québec comprennent le français; [...] qu'elle rappelle que le mot "bonjour" est un des mots de la langue française les plus connus chez les non-francophones du monde, et qu'elle rappelle que ce mot exprime magnifiquement la convivialité québécoise ».

En conséquence, « elle invite tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale de les accueillir chaleureusement avec le mot "bonjour" ».

« On réaffirme que le français doit apparaître partout, y compris dans l’accueil dans les places d’affaires », a dit le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, lors d’une mêlée de presse jeudi matin.

Cette motion-là réaffirme que le vivre ensemble, notamment à Montréal et ailleurs, ça doit d’abord être un accueil en français.

Pascal Bérubé, leader parlementaire du PQ

Mercredi, l’utilisation du « bonjour, hi » dans les commerces montréalais s’était déjà invitée dans les débats à l’Assemblée nationale.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, avait dit en Chambre qu’il voyait, dans cette formule d’accueil de plus en plus répandue, un symbole de la généralisation du bilinguisme dans la province.

Il avait également demandé au premier ministre s’il pensait « que les commerçants au Québec devraient accueillir tous les clients en disant "bonjour", oui ou non? ».

Philippe Couillard avait répondu en disant : « Quelle question ridicule! »

Il avait notamment dit que le PQ faisait de la vieille politique de « peur », de « crainte » et de « repli » en parlant de la langue française comme d'une langue menacée.

Retrait d’un mot « irritant »

Le libellé de la motion déposée jeudi par le PQ a été négocié pendant la période de questions et a donné lieu à un drôle d’échange entre Jean-François Lisée et Philippe Couillard.

« Peut-être qu’il n’aime pas que je rappelle que sa ministre [Marie Montpetit] a dit que "bonjour, hi" est irritant », a lancé le chef de l’opposition officielle.

« Si c’est ça qu’il n’aime pas, a dit M. Lisée, s’il veut désavouer sa ministre, je suis prêt à enlever ce bout-là. Est-ce que c’est ça qu’il veut, désavouer sa ministre? »

« Ce que je ne veux pas qu’on crée, c’est de la division entre les Québécois de langue anglaise et [les Québécois] de langue française », a répondu le premier ministre québécois.

« Qu'on dise ensemble que le Québec fait des progrès, parfait, a ajouté M. Couillard. Qu'on invite les commerçants à accueillir leurs clients avec le mot "bonjour", parfait. Qu'il fasse une motion comme ça et ce sera un grand succès. »

« "Et constitue au contraire un irritant" : si j'enlève ça [de la motion], il va voter pour? », a relancé Jean-François Lisée.

« C’est une drôle d’habitude de négocier comme ça sur le plancher de la Chambre, mais il est dans la bonne direction, a rétorqué Philippe Couillard sur un ton moqueur. Il recule et c’est très bien. »

À la demande du premier ministre, le chef du Parti québécois a donc changé la partie de la phrase qui se lisait : « qu’on constate que la généralisation de l’expression "bonjour, hi" ne reflète pas le statut du français et constitue au contraire un irritant ».

Une fois modifiée, la motion a été votée à l’unanimité.

« Nous, ce qu’on voulait faire, c’est de faire en sorte d’affirmer la primauté du français, inviter les commerçants à répondre "bonjour" et avec le sourire, puis on peut répondre "bonjour" comme client avec le sourire », a expliqué Philippe Couillard lors d’une brève intervention avec les médias.

« Mais de qualifier "d’irritant" un mot de langue anglaise, poursuit-il, pour nos compatriotes québécois de langue anglaise, ça ne m’apparaissait pas correct. Je suis content de voir que monsieur Lisée, là-dessus, a reculé. »

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