•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avions cloués au sol à Ottawa : une amende de près de 300 000 $ pour Air Transat

Le vol TS157, un Airbus A330 en provenance de Bruxelles, avec à son bord 336 passagers, s’est posé à Ottawa plutôt qu’à Montréal en raison d'orages violents.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Office des transports du Canada (OTC) a blâmé jeudi après-midi Air Transat dans l'incident qui a cloué au sol deux de ses appareils à l'aéroport d'Ottawa l'été dernier. Il a imposé une amende de 295 000 $ à la compagnie aérienne.

La compagnie devra aussi dédommager les passagers pour les dépenses engendrées par le retard.

Selon l'Office, elle n'a pas respecté son tarif, c'est-à-dire le contrat qui la lie aux passagers. Elle aurait aussi donné trop de pouvoir aux pilotes et aurait laissé tomber ses passagers.

Les « sincères excuses » d'Air Transat

Par voie de communiqué, Air Transat a indiqué qu'elle se conformerait aux demandes de l'OTC. Elle offrira 500 $ à chacun des passagers lésés, tel que proposé par l'OTC, ce qui réduira le montant de son amende.

En entrevue à l'émission 24/60, le président-directeur général de la compagnie, Jean-François Lemay, a aussi assuré que les 500 $ iraient aux passagers des quatre avions (deux autres avions ayant aussi eu du retard à cause de la météo).

« Donc, on va au-delà des demandes de l'OTC », a-t-il indiqué. Il estime le montant des indemnités à plus de 600 000 $, et ce, en plus des dépenses des passagers qu'Air Transat devra aussi rembourser. M. Lemay a dit n'avoir aucune estimation du montant de ces dépenses.

Il conseille aux passagers lésés de contacter le service à la clientèle de la compagnie pour obtenir les 500 $.

La compagnie s'engage aussi à modifier son tarif - l'OTC demande notamment d'ajouter une obligation de faire débarquer les passagers si un retard dépasse quatre heures. Air Transat dit qu'elle s'assurera également que son personnel soit formé adéquatement.

Toutes les règles seront revues à la lumière de l'OTC.

Jean-François Lemay, le PDG d'Air Transat

Enfin, M. Lemay a réitéré ses excuses auprès des passagers des deux vols qui « ont vécu une situation difficile ».

Rappel des faits

Ce rapport de l'OTC fait suite à l’enquête sur le retard de deux vols d’Air Transat le 31juillet 2017 sur l'aire de trafic de l'aéroport international d'Ottawa.

L’OTC avait été saisi pour répondre aux deux questions suivantes : Air Transat a-t-elle appliqué son tarif correctement durant ces incidents? Les dispositions applicables du tarif d'Air Transat sont-elles raisonnables?

Le 31 juillet dernier, les vols TS157 et TS507 sont restés pendant plusieurs heures sur l'aire de trafic.

Les avions arrivaient respectivement de Bruxelles et de Rome à destination de Montréal et avaient été déroutés vers Ottawa en raison du mauvais temps.

Des centaines de passagers ont été confinés dans les appareils sans eau et sans nourriture. Privés d'électricité et de climatisation, certains avaient appelé le 911. Ils ont été nombreux à se plaindre de ne pas avoir reçu d'explications du transporteur aérien.

Les passagers satisfaits

« Ça fait vraiment du bien, ça donne l'impression que notre gouvernement fait vraiment quelque chose pour nous », a réagi Kim Leclerc-Desaulniers, passagère du vol TS507. « Quand c'est arrivé, Air Transat et l'aéroport d'Ottawa se lançaient beaucoup la balle et on dirait que les clients qui ont été lésés là-dedans, qui ont été pris en otage là-dedans, ont été oubliés. Moi, c'est ça qui m'a fâchée. »

Ce n'est même pas une question d'argent, c'est une question de respect du client.

Kim Leclerc-Desaulniers, passagère du vol TS507

Le groupe Facebook des passagers du vol TS 157 s'est aussi félicité de la décision de l'OTC et a remercié l'Office de son enquête.

Ils ont par ailleurs pointé trois dysfonctionnements du côté de la compagnie. Ils soulignent le fait que la climatisation du « vol TS 157 était majoritairement défaillante » et que la compagnie le savait.

« L'investigation met en lumière que la compagnie Air Transat a fait le choix de ne prendre aucune mesure adéquate pour s'assurer du bien-être de ses passagers. Cette responsabilité lui incombe », écrivent les passagers.

« Dans son tarif, la compagnie Air Transat s'engage à débarquer les passagers en cas d'attente supérieure à 90 minutes. L'enquête montre que les équipages n'ont pas été informés ni a fortiori formés sur la mise en œuvre de tels engagements », poursuivent-ils.

Enfin, ils demandent une législation canadienne pour protéger les passagers « contre le risque et les implications de comportements négligents des compagnies lors de délais imprévus ».

Avec les renseignements de Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Transports