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Uber aurait mis sur pied une unité vouée à espionner ses concurrents

Un téléphone intelligent affichant l'application Uber.

Le service de transport Uber aurait mis sur pied un véritable système d'espionnage industriel, selon un ex-employé.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Radio-Canada

Selon le témoignage déposé devant un tribunal américain par un ex-employé d'Uber, la multinationale aurait mis sur pied une unité secrète chargée de dérober des informations à ses concurrents en plus de former certains employés à déjouer les autorités publiques de régulation des transports.

Dans une lettre transmise mercredi par le département américain de la Justice à un tribunal de la Californie, l’ancien employé de la sécurité chez Uber, Ric Jacobs, affirme que la compagnie a développé « une stratégie sophistiquée pour détruire, cacher, camoufler et falsifier des dossiers ou des documents dans l'intention d'empêcher ou de gêner des enquêtes du gouvernement ou toute poursuite judiciaire en cours ou à venir ».

Selon le témoignage présenté au tribunal de San Francisco, l’espionnage industriel, le vol d’informations et la dissimulation seraient des pratiques érigées en système chez Uber. Une division baptisée Marketplace analytics avait même été créée pour dérober des informations aux concurrents de l’entreprise, selon le témoignage contenu dans une lettre de 37 pages.

Ric Jacobs allègue qu'Uber aurait aussi donné des formations à certains de ses employés pour qu'ils sachent comment communiquer sans éveiller les soupçons.

À la suite de la publication d’une partie de ce témoignage fracassant lors d’une audience préliminaire mercredi, le juge qui entend la cause a reporté à une date indéterminée ce procès très suivi qui devait s’ouvrir lundi.

Poursuivi par Waymo pour vols de secrets technologiques

Ces nouvelles révélations sur Uber surviennent dans le cadre d’une poursuite civile impliquant Uber et son concurrent Waymo, qui est la filiale de voitures autonomes conçues par la maison mère de Google, Alphabet.

Waymo accuse dans cette affaire le transporteur Uber de lui avoir dérobé des secrets technologiques, notamment sur le développement de systèmes de conduite sans chauffeur.

Selon Uber, les allégations contenues dans la lettre déposée mercredi au tribunal n'ont rien à voir avec la cause qui l’oppose à Waymo et ne change rien aux fondements de cette affaire.

La poursuite intentée par Waymo allègue qu'Uber a sciemment dérobé sa technologie en achetant une entreprise fondée par l'un de ses ex-employés qui avait volé une bonne quantité de secrets technologiques à l'entreprise.

Les avocats d'Uber plaident de leur côté que le transporteur ignorait totalement que le propriétaire de l'entreprise qu'il achetait avait au préalable volé de la technologie chez Waymo.

Un chauffeur d'Uber transporte un passager.

Un chauffeur d'Uber transporte un passager.

Photo : Getty Images / Bloomberg

Dissimulation et espionnage

Il faut dire qu’Uber n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice ni à ses premières révélations pour le moins gênantes. La semaine dernière, Uber a publiquement admis, à la suite de révélations de l’agence Bloomberg, le piratage des données de 57 millions de ses clients et chauffeurs, un vol de données massif commis en 2016 et que la compagnie a caché pendant des mois.

L'entreprise s’est défendue en déclarant qu'elle n'avait pas l'obligation de signaler le piratage aux responsables de la réglementation, pas plus qu'elle n'avait à contacter les centaines de milliers de chauffeurs, dont les informations personnelles et le numéro de plaque d’immatriculation avaient été volés.

Le département américain de la Justice a ouvert une enquête qui s’ajoute à celles déjà en cours aux États-Unis sur des allégations de corruption à l'étranger ou l'utilisation de logiciels illégaux pour espionner ses concurrents ou échapper au contrôle des autorités.

En mars dernier, le New York Times révélait par ailleurs que le service de transport Uber a mis en place en 2014 un logiciel baptisé Greyball qui utilise des données tirées de l’application Uber et plusieurs techniques afin d’identifier les représentants des autorités de réglementation qui surveillent les activités des services de transport payants.

Depuis des mois, les scandales s’accumulent pour le transporteur américain qui tente de se refaire une réputation avec la venue en août dernier d’un nouveau président, Dara Khosrowshahi, qui veut faire oublier l’ère de son prédécesseur, Travis Kalanick, adepte du développement et du profit à tout prix.

La multinationale américaine, qui mise actuellement sur un éventuel investissement de plusieurs milliards de dollars du groupe japonais Softbank, prévoit entrer en bourse en 2019.

Avec les informations de Agence France-Presse, The New York Times, et Wall Street Journal

Économie