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Fraude à l'immigration : un Winnipégois aurait amassé 91 000 $

Alfredo Arrojado, est un membre proéminent de la communauté philippine de Winnipeg.

L'Agence des services frontaliers du Canada a porté trois accusations contre Alfredo Arrojado pour s'être fait passer pour un consultant en immigration afin d'amener des immigrants au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Facebook/ Fred Arrojado

Radio-Canada

Un Winnipégois membre de la communauté philippine est accusé d'avoir travaillé comme consultant en immigration sans avoir de permis et d'avoir empoché 91 000 $ durant les 10 dernières années auprès de personnes qui essayaient de venir au Canada. C'est ce que montre un mandat de perquisition que s'est procuré CBC.

Selon le document, plusieurs paiements ont été faits à Alfredo Arrojado par le biais de 114 transferts d'argent par la Western Union. L'homme, très connu de la communauté philippine, a été accusé le 24 novembre de trois infractions pour avoir demandé des honoraires de consultation en immigration sans avoir le statut d'agent d'immigration.

L'homme de 66 ans est l'ancien président de l'Association philippine du Manitoba et un ancien commissaire de la Commission des droits de la personne du Manitoba. Il s'est également présenté sous la bannière du Parti progressiste-conservateur dans le quartier de The Maple en 1995.

Le document de la cour allègue qu'Alfredo Arrojado « prodiguait des conseils et sollicitait activement des ressortissants étrangers afin d'obtenir de l'aide et de remplir des documents pour immigrer au Canada par l'entremise du Programme des candidats du Manitoba, moyennant des frais ».

Le règlement stipule que « fournir des conseils d'immigration moyennant des frais sans être inscrit auprès de l'organisme de réglementation nommé par le gouvernement constitue une infraction ».

L'enquête a débuté en janvier 2015 et la résidence d'Alfredo Arrojado, qui est aussi son bureau, a été perquisitionnée le 15 avril 2016.

Le Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada a confirmé qu'Alfredo Arrojado n'était pas autorisé à agir à titre de consultant en immigration.

L'organisme de réglementation national a déclaré qu'Alfredo Arrojado était considéré comme un représentant de l'immigration non autorisé ou un « consultant fantôme ».

Le document de la cour indique qu'Alfredo Arrojado avait obtenu une autorisation de la Société canadienne de consultants en immigration, l'organisme de réglementation qui existait précédemment. Son adhésion a été révoquée en 2007 en raison d'un défaut de paiement des frais d'adhésion.

La demande de mandat de perquisition allègue qu'Alfredo Arrojado travaillait avec une femme aux Philippines pour recruter de nouveaux clients. L'Agence des services frontaliers du Canada a obtenu de nombreux échanges de courriels entre les deux, notamment une preuve où Alfredo Arrojado laisse entendre que son entreprise demande des honoraires. D'autres courriels font état de frais allant jusqu'à 3500 $ par client.

Consultants fantômes

Selon l'avocat Ken Zaifman, les consultants fantômes travaillent souvent au sein de leur propre communauté, car en ils parlent la langue. M. Zaifman indique qu'ils demandent souvent des tarifs inférieurs à ceux d'un avocat ou d'un conseiller ayant un permis, mais que ce n'est pas toujours le cas.

Il confie que l'un de ses clients s'est tourné vers lui après que le programme des candidats du Manitoba eut refusé sa candidature, car elle avait été remplie par un consultant fantôme.

Selon son site Internet, la province ne reconnaîtra que les représentants de l'immigration rémunéré, ou ne communiquera de renseignements qu'à eux. Pour être un de ces représentants, il faut être :

- Un avocat membre en règle d'un barreau provincial ou territorial canadien;
- Un notaire qui est membre en règle de la Chambre des notaires du Québec;
- Ou un consultant en immigration qui est membre en règle du Conseil de réglementation des consultants en immigration du Canada (CRCIC).

Le site dit également que le recours à un consultant ou à un avocat ne garantit pas l'approbation finale du candidat.

L'avocat d'Alfredo Arrojado a refusé de faire des commentaires parce que l'affaire est devant les tribunaux.

Sa prochaine date d'audience est prévue le 22 janvier.

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