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Une ancienne militaire à Ottawa pour recevoir les excuses de Justin Trudeau

Martine Roy devant un mur.

Martine Roy sera à la Chambre des communes mardi après-midi avec d'autres membres de la communauté LGBT+, pour assister aux excuses officielles d'Ottawa.

Photo : Martine Roy

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Parmi les milliers de personnes qui ont été injustement traitées par les Forces armées canadiennes et qui réclament des excuses officielles du gouvernement se trouve Martine Roy, qui a travaillé durant six ans à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Un texte de Gabrielle Lemieux

Une purge pour la sécurité nationale a été menée à partir des années 1950 jusqu’aux années 1990.

Martine Roy fait partie de ces personnes qui ont été interrogées, persécutées et qui ont perdu leur emploi en raison de leur orientation sexuelle.

Celle qui a joint les Forces armées canadiennes à 19 ans, au début des années 1980, voulait devenir assistante médicale. Durant ses études pour les Forces armées, un véhicule l’intercepte. On lui demande d’accompagner les personnes à bord.

Plusieurs femmes à l'intérieur d'un camion. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Martine Roy a joint les Forces armées canadiennes à 19 ans dans les années 1980.

Photo : Martine Roy

Dans la voiture, elle apprend qu'il s'agit d'enquêteurs des services de police militaire et qu’elle est en état d’arrestation.

Ça n’avait pas d’allure les questions qu’ils nous posaient, c’était très très intime. On voulait savoir si on était homosexuel [...]. On nous demandait avec qui on était, combien de fois on couchait avec cette personne-là. C’était très déstabilisant et très épeurant.

Martine Roy, membre fondatrice de Fierté au travail Canada

La jeune femme s’est retrouvée à Ottawa pour terminer son cours. Elle s’est fait évaluer par un psychiatre à savoir si elle était normale.

« J’ai plié à dire “je suis vraiment désolée, c’était une erreur de jugement, je le ferai plus” », explique-t-elle.

Quelques mois plus tard, en 1984, Mme Roy doit se présenter aux quartiers généraux du centre médical. On lui annonce son congédiement en raison de son homosexualité et pour déviance sexuelle. Elle avait neuf jours pour quitter les Forces armées.

Martine Roy à 19 ans. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Martine Roy durant ses années dans les Forces armées canadiennes.

Photo : Martine Roy

De lourdes conséquences

À la suite de son congédiement des Forces armées, Martine Roy a eu des problèmes avec la drogue. Elle a dû demander de l’aide pour s’en sortir.

« Pour moi, ç’a été très très dur. [...] Je voulais faire carrière, affirme-t-elle. Quand tu décides de te joindre aux Forces armées, l’entraînement est tellement dur, t’investis tellement que c’est ça que tu veux faire. Je réussissais très bien alors ç’a détruit mon estime de soi. Je suis sortie de là la tête en dessous du bras. »

Ce n’est qu’en 1999, soit 15 années après son départ des Forces armées, qu’elle décroche un emploi chez IBM, où elle fait carrière depuis 18 ans.

« C’est vraiment eux qui m’ont aidée à me rebâtir, dit-elle. C’est eux qui m’ont montré que l'orientation sexuelle n’a rien à voir avec les compétences. »

Il y a environ dix ans, Mme Roy fonde Fierté au travail Canada, qui inspire les employeurs à promouvoir une culture d’entreprise qui reconnaît le personnel LGBT comme étant une partie importante d’une main d’œuvre diversifiée et efficace.

Quant aux excuses officielles qui sont présentées à la communauté LGBTQ + par le premier ministre Justin Trudeau mardi après-midi, Martine Roy est soulagée de cette reconnaissance.

Aujourd’hui, on reconnaît ce qu’on m’a fait, on s’excuse pour ce qu’on m’a fait. Bien moi, ça me fait du bien à mon coeur!

Martine Roy

Martine Roy sera à la Chambre des communes mardi après-midi avec d'autres membres de la communauté LGBT+, pour assister aux excuses officielles.

« Ça c’est très gros, d’admettre tes torts et en plus, ils ont accepté le règlement qu’on avait demandé. Alors je trouve qu’il y a beaucoup de bonne volonté là et ça va aider, ça va aider à panser les blessures qu’il y a eu. »

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