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Trump : une énième blague sur Pocahontas qui ne passe pas

Le président américain Donald Trump a rendu hommage à des anciens combattants Amérindiens à la Maison Blanche pour leur rôle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le président américain Donald Trump a rendu hommage à des anciens combattants amérindiens à la Maison-Blanche pour leur rôle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président américain Donald Trump a provoqué un malaise à la Maison-Blanche en affublant la sénatrice démocrate Élisabeth Warren du surnom de « Pocahontas » devant des représentants amérindiens venus pour une cérémonie en leur honneur.

Dans le bureau ovale, la cérémonie se voulait un moment pour honorer les Navajos, enrôlés par l’armée américaine comme « code talkers » (décodeur-traducteur) pendant la Seconde Guerre mondiale. L’usage de langages codés basés sur leurs langues a permis la transmission sécurisée d’informations stratégiques.

Trois d’entre eux se trouvaient autour du président Donald Trump qui a loué leurs services en leur disant qu’ils étaient « incroyables », des gens « très spéciaux ». Puis se tournant vers eux, il a fait cette digression.

« Vous étiez ici longtemps avant nous. Même si nous avons une représentante au Congrès qui dit qu’elle était là depuis bien longtemps. Ils l’appellent Pocahontas. Mais vous savez quoi? Je vous aime bien. »

— Une citation de  Donald Trump devant des représentants Navajos

Sourires gênés, crispés. Malaise dans la salle, d'autant plus que la scène s’est passée sous le portrait du président Andrew Jackson, dont la politique a conduit à la déportation de dizaines de milliers d’Indiens de leurs terres ancestrales.

Le président américain Donald Trump a rendu hommage à des anciens combattants Amérindiens à la Maison Blanche pour leur rôle pendant la Seconde Guerre mondiale.
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Le président américain Donald Trump a rendu hommage à des anciens combattants Amérindiens à la Maison Blanche pour leur rôle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

L’allusion est facile à comprendre. Donald Trump est coutumier des attaques contre la sénatrice démocrate Élisabeth Warren qu’il a déjà rebaptisée à plusieurs reprises Pocahontas.

Régulièrement, le New York Times compile les lieux et les personnes que Donald Trump insulte sur Twitter. Et dans la dernière mise à jour, du 17 novembre 2017 (Nouvelle fenêtre), on peut lire que la liste de qualificatifs pour Elisabeth Warren est assez longue : « triste à voir », « la sénatrice la moins productive des États-Unis » « idiote » mais aussi, et à plusieurs reprises, « Pocahontas » ou encore « un héritage amérindien bidon ».

Elisabeth Warren revendique des origines amérindiennes, mais Donald Trump les a toujours contestées.

Des leaders amérindiens ont qualifié les attaques contre la sénatrice d’offensantes et de désagréables, le surnom de Trump pour Warren « sentirait le racisme », a lancé John Norwood, secrétaire général de l’Alliance of Colonial Era Tribes.

Dans un communiqué de presse, le président du Congrès national des Amérindiens, Jefferson Keel, a regretté le fait que « l’utilisation du nom de Pocahontas comme une insulte envers une adversaire politique par le président ne fasse de l’ombre au but de la cérémonie ».

Jefferson Keel, président du Congrès national des Amérindiens
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Jefferson Keel, président du Congrès national des Amérindiens

Photo : Reuters / Joshua Roberts

« Il s'agissait de mettre en avant le courage remarquable et l'apport inestimable de nos "code talkers". Ce sont eux qui ont garanti la liberté des États-Unis et c'est de cela qu'il faut se souvenir ici. »

— Une citation de  Jefferson Keel, président du Congrès national des Amérindiens

La principale intéressée a aussitôt réagi.

« Il est profondément regrettable que le président des États-Unis ne puisse même pas mener à bien une cérémonie en l’honneur de ces héros sans lancer des insultes racistes. »

— Une citation de  Elisabeth Warren, sénatrice démocrate
La sénatrice démocrate américaine Elisabeth Warren
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La sénatrice démocrate américaine Elisabeth Warren

Photo : Reuters / Brian Snyder

Ces accusations sont jugées ridicules par la porte-parole du président, Sarah Sanders, qui a réfuté le caractère raciste des propos de Donald Trump et défendu l’usage de ce surnom. « Je pense que ce que la plupart des gens jugent offensant est le fait que la sénatrice Warren mente sur ses origines pour promouvoir sa carrière », a dit Sarah Sanders.

Elisabeth Warren, spécialiste du surendettement et du droit des familles, longtemps professeure de droit à l’Université Harvard, a revendiqué des racines amérindiennes Cherokee sans en fournir la preuve. Elle a déjà raconté en entrevue avoir été informée de l’héritage de la famille par ses parents.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et NBC

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