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Pourquoi le glyphosate est-il essentiel à l’industrie forestière au N.-B.?

Le glyphosate est utilisé par Énergie NB et par l'industrie forestière au Nouveau-Brunswick (Archives).

Le glyphosate est utilisé par Énergie NB et par l'industrie forestière au Nouveau-Brunswick (Archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

L'utilisation controversée du glyphosate est défendue par l'industrie forestière au Nouveau-Brunswick, qui l'estime nécessaire pour demeurer concurrentielle.

Selon Mike Légère, porte-parole de Forêt NB, la voix de l’industrie forestière au Nouveau-Brunswick, l’utilisation de cet herbicide jugé cancérigène par certains organismes internationaux assure la santé de l’industrie.

« Ça fait une grande partie de nos stratégies d'aménagement d'être sûrs qu'on a un approvisionnement du bois pour nos usines, pas seulement pour aujourd'hui, mais pour l'avenir », dit-il.

Mike Légère, Forêt NB

Mike Légère, Forêt NB

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Le glyphosate, présent dans le Roundup, l’herbicide le plus utilisé sur la planète, permet d’éliminer la végétation indésirable dans les plantations d’arbres, explique Martin Béland, professeur en écologie forestière et en sylviculture à l’Université de Moncton, campus d’Edmundston.

« [C’est] pour dégager des plantations, donc tuer de la végétation feuillue principalement qui exerce une compétition sur les plants de conifères qu'on met en terre en plantation. »

Un « cancérigène probable », selon un organisme de l'OMS

L’utilisation du glyphosate est dénoncée par les environnementalistes et des citoyens un peu partout dans le monde. Le produit a été jugé « cancérigène probable » pour les êtres humains par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’Union européenne songeait à l’interdire, mais s’est plutôt prononcée, lundi, pour le prolongement pour cinq ans de son autorisation dans les cultures.

Le gouvernement du Canada estime pour sa part, à la lumière de diverses études, que le produit ne pose pas de danger pour la santé humaine et l’a approuvé pour une nouvelle période de 15 ans, le printemps dernier.

Le Québec, toutefois, a décidé de bannir l’usage du glyphosate dans l’industrie forestière il y a une vingtaine d’années.

Des contenants de Roundup sur les tablettes d'un commerce.

Le glyphosate est présent dans l'herbicide le plus vendu sur la planète, le Roundup.

Photo : Reuters / Mike Blake

Une gestion plus intensive des forêts

Selon Mike Légère, le Nouveau-Brunswick ne peut s’inspirer de cet exemple.

« Nous avons une superficie de terrain boisé beaucoup plus petite qu'au Québec, un douzième, c'est ça le chiffre, la proportion. Donc nous, on est obligés un peu d'être plus intensifs dans la façon qu'on gère nos forêts pour avoir le même résultat. »

Il ajoute que l’industrie forestière au Nouveau-Brunswick ne fait pas un grand usage du glyphosate, comparativement à l’industrie agricole. Il ajoute que l'arrosage est fait de façon sécuritaire et selon les normes établies.

Vue aérienne d'une forêt au Nouveau-Brunswick

La forêt au Nouveau-Brunswick représente 85 % de tout le territoire de la province.

Photo : Radio-Canada

Selon Martin Béland, la décision d’utiliser ou non du glyphosate en foresterie se résume à un choix de société. « Si la décision est claire que c'est des plantations d'épinette qu'on veut, on est comme pas mal poussés vers la direction de l'utilisation des glyphosates. »

Au Nouveau-Brunswick, plus de 10 000 emplois directs dépendent de l’industrie forestière, sans compter des milliers d’autres emplois indirects. Il est donc clair que les intérêts économiques pèsent lourd dans la balance.

D'après un reportage de Kassandra Nadeau-Lamarche

Nouveau-Brunswick

Industrie forestière