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Des politiques pour les familles, mais avec quel effet?

Six enfants sont assis sur un banc.

Le Québec vit-il une problématique démographique?

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La bataille électorale n'est pas encore commencée que, déjà, un thème s'impose : celui de la famille.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Le Parti libéral de Philippe Couillard souhaite donner plus de temps aux parents afin de faciliter la conciliation travail-famille. La Coalition avenir Québec veut remettre plus d'argent dans les poches des parents. Les deux formations disent vouloir augmenter la qualité de vie des familles et leur permettre d'avoir autant d'enfants qu'elles le désirent.

Mais au-delà des propositions des partis, quelles mesures sont les plus susceptibles d'avoir un effet sur le taux de natalité au Québec?

Entretien avec Alain Bélanger, professeur titulaire au programme de démographie de l'Institut national de la recherche scientifique.

Plusieurs pays occidentaux sont aux prises avec un problème de faible natalité. Quelles mesures semblent les plus efficaces pour contrer ce problème? Que nous enseignent les expériences vécues à l'étranger?

Il est préférable souvent d'avoir des politiques qui permettent plutôt aux familles de concilier leurs aspirations au niveau professionnel et au niveau familial. Avoir des politiques de conciliation travail-famille, c'est beaucoup plus avantageux pour une politique nataliste que des bonus à la naissance. [...] Ce qu'on constate, c'est que c'est vraiment plus des garderies de bonne qualité, qui sont fiables, qui sont disponibles, qui sont près de la résidence [qui ont un impact]. C'est des congés parentaux qui permettent d'avoir plus de temps pour prendre soin des enfants.

À la fin des années 1980, le gouvernement de Robert Bourassa avait mis en place un programme d'allocations à la naissance, familièrement appelées « bébés bonus ». Y avait-il eu une incidence sur le taux de natalité?

L'effet a été mitigé : il y a eu, au moment où on a lancé le programme des « bébés bonus », une augmentation du nombre de naissances, mais il y a eu aussi une baisse de la natalité avant même qu'on coupe le programme. Ce que semblent montrer les études, c'est que les « bébés bonus » du Québec ont peut-être aidé les femmes à avoir des enfants un peu plus tôt dans leur vie [...] mais finalement, ça n'a pas eu beaucoup d'impact sur l'intensité, sur le nombre d'enfants qu'elles ont eus au cours de leur vie.

Qu'en est-il du réseau de services de garde à 5 $ annoncé en 1997, puis mis en place progressivement au cours des années 2000, et de la création du Régime québécois d'assurance parentale, en 2006?

Ça, ça semble avoir eu un effet plus net, plus permanent aussi, mais quand même pas très important. L'indice synthétique de fécondité est présentement d'à peu près 1,6 au Québec, alors qu'à la fin des années 1990, c'était autour de 1,4. Alors, il y a quand même eu 0,2 enfant de plus par femme grâce, peut-être en partie, à ces politiques familiales.

On entend souvent dire que la solution au problème démographique passe surtout par l'immigration, notamment pour combler la pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce exact?

Ce n'est pas tant le nombre d'immigrants qui compte que, si on parle des effets sur l'économie ou le marché du travail, la possibilité qu'ils aient de travailler et de contribuer à l'économie. Comme c'est là, l'intégration au Québec, mais aussi au Canada, elle est mitigée. [...] Alors, ce n'est pas tellement en augmentant le nombre d'immigrants qu'en s'assurant que les immigrants ont une meilleure contribution au marché de l'emploi et à l'économie que l'on peut peut-être utiliser l'immigration comme source de croissance démographique qui permettrait un développement et un bien-être économiques plus grands à la population.

Les propos du professeur Bélanger ont été synthétisés afin d'en faciliter la compréhension.

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