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  • Exclusif
  • Des Québécoises mariées à des militants de l’État islamique bloquées au Moyen-Orient

    Photo : Reuters / Azad Lashkari

    Radio-Canada

    Les proches d'au moins quatre jeunes Québécoises qui ont fondé des familles avec des militants du groupe armé État islamique (EI) en Syrie et en Irak espèrent que leurs filles pourront revenir au Canada, maintenant que le groupe terroriste semble s'être effondré. Mais en cas de retour, elles devront fort probablement subir un procès.

    Un texte de Bahador Zabihiyan

    Avant que l'EI perde la quasi-totalité de son territoire et que beaucoup de ses combattants soient tués, nombre de ses militants ont eu le temps de se marier et de fonder des familles, notamment avec quatre ou cinq Québécoises, selon les informations confirmées par le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

    Le directeur de l'organisme, Herman Deparice-Okomba, a commencé à recevoir un nombre plus élevé d’appels des familles de celles-ci à partir du début d'octobre. Il se demande ce qu'il adviendra de ces jeunes femmes.

    On parle de quatre à cinq familles avec lesquelles nous sommes en lien quotidiennement. Nous discutons de ces enjeux du retour […] J’ai vu des photos de bébés, on a vu des photos des enfants qui sont nés là-bas.

    Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

    Les familles qui contactent son centre tentent d’extirper leurs filles des griffes du groupe ultraradical, estimant qu’elles ont été victimes d’un lavage de cerveau.

    Ces Québécoises sont mariées avec des militants, et non des dirigeants, de l’EI. « Ce ne sont pas des personnes qui sont dans la haute hiérarchie de l’État islamique », décrit M. Deparice-Okomba.

    Chacun des cas est unique, mais, en général, les familles des jeunes femmes n’ont que peu de nouvelles de celles-ci. Elles souhaitent qu’elles reviennent au Canada plutôt que de rester en Irak ou en Syrie, quitte à devoir subir un procès et aller en prison.

    L'une des familles craint, par exemple, que sa fille, dont le mari est mort, ne soit mariée de force avec « un barbu » si elle ne peut pas rentrer au Canada.

    Que faire de ces jeunes femmes?

    « Il faut s’assurer que ces personnes ne représentent pas une menace chez nous », précise toutefois Herman Deparice-Okomba.

    Il n’existe aucune procédure claire pour encadrer le retour de ces jeunes femmes qui ont épousé des militants de l’EI, selon Phil Gursky, ancien analyste du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). « Théoriquement, c’est contre la loi, on devrait les accuser d’un crime », dit-il.

    Au total, le SCRS estime à 180 le nombre de Canadiens qui se sont joints à un groupe terroriste. En janvier, un reportage de l’émission Enquête révélait qu’une soixantaine de Canadiens seraient de retour au pays.

    Le grand défi pour les autorités canadiennes est d'amasser la preuve pour faire condamner les sympathisants de l’EI qui reviennent au Canada. Certes, le SCRS possède de nombreuses informations à leur sujet, mais elles sont rarement admissibles en cour, selon M. Gursky.

    Des questions inédites apparaissent aussi en ce qui concerne les enfants de ces jeunes Québécoises. « Est-ce que les enfants peuvent devenir Canadiens? », se demande M. Gursky.

    La perspective de retours importants inquiète aussi les pays européens. Certains combattants revenus en Europe ont ainsi participé aux attaques islamistes de novembre 2015 à Paris et de mai 2014 et mars 2016 à Bruxelles.

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